mercredi 28 juin 2017| 14 riverains
 

Les échos du premier conseil d'arrondissement de l'année 2010

Daniel Vaillant et Bertrand Delanoë, au conseil d'arrondissement, lundi 1er février 2010.Toxicomanie, Institut des cultures d’Islam, La Poste ou le sort des arbres dans le 18e, figuraient au menu du premier conseil d’arrondissement de l’année, qui s’est tenu le 1er février 2010.

Toxicomanie
Le vœu présenté par Pierre-Yves Bournazel, patron de l’UMP, dans le 18e arrondissement de Paris, est consécutif à un projet de délibération présenté au conseil général mi-décembre 2009, par la majorité PS. : la signature d’une convention avec l’association Elus, santé publique et territoires « pour l’attribution d’une subvention afin de mettre en place une démarche de réflexion, d’expertise et de qualification sur les salles de consommation à moindres risques pour les toxicomanes ».

L’UMP est totalement opposée à ce projet et en profite pour interpeller le maire du 18e arrondissement, Daniel Vaillant, favorable à la légalisation du cannabis. Pour Bournazel, le cannabis « est de plus en plus dangereux ». Mais il relativise : « Un joint chez des adultes de 30 ou 40 ans dans les quartiers aisés, je n’ai rien contre. Mais des jeunes de 13 ou 14 ans, non ! La responsabilité des élus ce n’est pas de proposer la légalisation des drogues. » « Quant aux salles de shoot – sa manière de baptiser les salles de consommation à moindres risques - , à l’UMP, nous sommes contre. Ce système ne fonctionne pas. En Suisse, par exemple, où il est en vigueur, les autorités ont constaté une augmentation de 16 % des décès liés aux usages de drogues. »

Pour Daniel Vaillant, « les politiques de lutte contre la toxicomanie sont un échec. La loi de 1970 est inopérante. Pourtant, c’est en France que la répression est la plus forte. C’est de pire en pire et il ne faudrait rien faire ? » Et d’interpeller son opposant politique : « Pour ma part, je n’ai jamais fumé un joint. Et vous M. Bournazel ? » Le chef de file de l’UMP dans le 18e ne bronche pas. Daniel Vaillant enfonce le clou : « Je souhaite aussi casser l’économie parallèle et prôner une vente légale aux adultes majeurs. A l’image de l’alcool. » Et l’édile de proposer un débat sur le sujet qui pourrait se tenir mairie du 18e. « Mais après les élections régionales, » précise-t-il, avant de plaider en faveur d’une harmonisation des lois européennes.

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Le crack est l’un des produits les plus consommé dans le 18e arrondissement.

S’il est d’accord avec le principe des salles de consommation pour toxicomanes, Ian Brossat, chef de file des Communiste au Conseil de Paris, s’oppose à la légalisation du cannabis. Le jeune élu avance son passé de prof dans les banlieues difficiles pour argumenter son point de vue : « J’entends bien que la loi de 1970 ne fonctionne plus, mais je m’abstiendrai sur ce vœu. »

Sylvain Garel, élu Vert et Conseiller de Paris, estime qu’il faut « combattre toutes les addictions. » Mais, il souligne l’échec de la répression, « qui a coûté très cher. » « Nous souhaitons que soit mis en place, simultanément dans plusieurs villes de France et d’Europe, des salles de consommation contrôlées, où, sous surveillance médicale, les produits seraient fournis – à des personnes dûment enregistrées – par les pouvoirs publics afin d’en assurer la qualité et de casser les trafics. » Favorable à la légalisation du cannabis et à la dépénalisation des autres drogues, Sylvain Garel pointe aussi la limite du recours aux produits de substitution, dans le cas du crack, en particulier.
Le vœu a été rejeté. Le PC s’est abstenu.

Et aussi...

Prière dans la rue
Le conseil d’arrondissement a interpellé le préfet de police de Paris, dans un vœu adopté à l’unanimité, sur l’occupation de l’espace public par les fidèles des mosquées rues Myrha et Polonceau. En attendant l’ouverture de l’Institut des cultures d’Islam prévue en 2012, le vendredi, c’est prière dans la rue. Une situation qui perdure, nuisible à la sécurité et à la dignité des pratiquants, ainsi qu’à la tranquillité des riverains.
Michel Neyreneuf, adjoint au maire, en charge de l’urbanisme a rappelé que « l’utilisation de l’espace public est du domaine de la préfecture de police, et non pas de la mairie ». En conséquence, Daniel Vaillant demande au préfet de police de « prendre ses responsabilités. Il a raison de ne pas interdire la prière, mais il aurait encore plus raison de l’encadrer ».
L’opposition est d’accord sur le fond, moins sur la forme, et réclame plus de fermeté. « Il faut interpeller le préfet de police tous ensemble, a déclaré Pierre-Yves Bournazel (UMP). Mais il faut être ferme. On peut être ferme sur nos principes de laïcité si on est juste. »

La Poste
Dans une lettre adressée à Jean-Paul Bailly, président du groupe La Poste, Daniel Vaillant lui demande d’arrêter l’expérience menée au métro Simplon, où il est possible de récupérer des recommandés. « C’est un bide, a déclaré l’élu communiste, Ian Brossat. Fin 2009, seules 250 personnes étaient inscrites à ce service. - mis en place le 26 octobre.

Arbres
Pierre-Yves Bournazel s’est aussi intéressé à la disparition des arbres dans l’arrondissement, en particulier ceux de la Cité des artistes, à Montmartre. Pascal Julien, élu Vert, lui a répondu qu’à espèce équivalente, « la durée de vie d’un arbre dans Paris est réduite d’un tiers, par rapport à son cousin campagnard. » « En 2010, 115 arbres seront abattus dans les rues du 18e et 46 dans les squares. En cause : les maladies, mais aussi un été 2009 sec et le salage des rues cet hiver. » Et il a précisé : « De 2001 à 2008, la population des arbres a augmenté de 7 %, dans le 18e arrondissement. »

Le prochain conseil d’arrondissement aura lieu le 22 mars 2010.

Où ça se passe:

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2 commentaires
  • Les échos du premier conseil d’arrondissement de l’année 2010 4 février 2010 15:51, par Denis.Montmartre

    DES SALLES DE SHOOT,MAIS OU ?

    J’attends parmi nos concitoyens des volontaires qui veulent avoir une salle de shoot en bas de chez eux.

    Voilà un sujet qui mérite un référendum populaire au niveau local,puisque cet outil est comme l’arlésienne on en parle,et on ne le voit jamais,mais peut-être que les promoteurs des salles de shoot ont une petite idée sur l’accueil de ce genre d’initiative auprès de la population parisienne ?

    Par la même occasion,que les pharmaciens qui veulent commercialiser des drogues douces lèvent le doigt !
    Le plus simple est de les mettre en rayon à Monoprix.

    Depuis le temps que ça tapine dans le 18ème,il serait temps de rouvrir les maisons ! Bon,je retire ma dernière proposition,mon amie ne veut pas !

    Répondre

  • Les échos du premier conseil d’arrondissement de l’année 2010 19 octobre 2010 15:43, par Renaud. Simplon.

    Tres bonne question. La logique voudrait que l’on installe cette salle près des Halles, par exemple, afin que les consommateurs affluant de la région parisienne n’aient pas a se perdre dans les quartier nord. De plus, la proximité de l’Hôtel de Ville permettrait a l’équipe municipale de mesurer au mieux les effets de sa politique innovante. Mais ne soyons pas surpris s’il s’avère que les implantations proposées évitent soigneusement beaux quartiers (hauteurs de Montmartre, etc..). Avis a nos chers élus : vous avancez en terrain miné.

    Répondre


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