mercredi 18 octobre 2017| 14 riverains
 

Les échos du Conseil d'arrondissement du 18e arrondissement

Le conseil d’arrondissement de rentrée, lundi 21 septembre 2009, a tenu ses promesses : près de huit heures de débat, des délibérations à la pelle, quelques passes d’arme majorité/opposition, jusqu’au bout de la nuit, les conseillers ont planché sur les grands dossiers du 18e arrondissement de Paris. Dans un premier temps, dixhuitinfo a retenu deux sujets : la question des biffins et la vidéo surveillance. Nous reviendrons dans les prochains jours sur la rentrée dans les crèches et les problèmes de la Poste.

LES BIFFINS . Depuis plus d’un siècle, les biffins vendent, en marge du marché aux puces de la porte de Clignancourt et de Saint Ouen, des objets récupérés dans les poubelles. Une activité tolérée par les pouvoirs publics, notamment les mairies de Paris et du 18e arrondissement. Mais, depuis plusieurs années, le marché aux biffins, investi par tout un tas de revendeurs à la sauvette, déborde largement des emplacements traditionnels. « Un phénomène en hausse dans plusieurs quartiers de Paris, souligne Gérald Briant, adjoint PC au maire du 18e, Daniel Vaillant, chargé des affaires sociales et de la lutte contre les exclusions. En effet, la baisse des minima sociaux entraîne un phénomène de paupérisation. » Or, les riverains se plaignent du désordre et de l’insécurité qu’entraînent ces phénomènes.

Après plusieurs mois de tergiversations et de concertations en conseil de quartier, conseil d’arrondissement et conseil de Paris, une solution visant à encadrer cette activité a été élaborée par la ville de Paris et la mairie du 18e. Un « Carré des biffins », espace de vente solidaire contenant 100 emplacements clairement délimités, sera mis en place sous le pont de l’avenue de la Porte Montmartre, du samedi matin au lundi après-midi, de 6h du matin à 16h. Selon la mairie du 18e, « un accueil tournant permettra de travailler à l’insertion de 300 personnes ».

La gestion de cet espace social sera confiée à l’association Aurore, spécialisée dans les problématiques de santé, hébergement et insertion, via une convention signée avec le département de Paris. « Le carré des biffins, c’est un bouclier social, » explique Sandrine Mées, adjointe verte au maire du 18e, chargée de l’économie sociale et solidaire et de l’insertion. Le conseil d’arrondissement du 21 septembre 2009 a appuyé l’action de l’association Aurore en votant à l’unanimité le financement d’un bus-café social à hauteur de 15 000 euros. Les biffins pourront rencontrer des travailleurs sociaux dans ce véhicule.

Daniel Vaillant a prévenu qu’aucune vente ne serait tolérée en dehors de cet espace. Il s’agit d’éviter que les problèmes de salubrité et de sécurité se posent à nouveau. Le conseiller de Paris et patron de l’UMP dans le 18e arrondissement, Pierre-Yves Bournazel, a estimé que cette mesure allait dans le bon sens, en émettant toutefois des réserves sur la sécurité. L’occasion pour l’opposition municipale de réclamer des caméras de vidéo surveillance porte Montmartre.

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La majorité municipale est divisée sur l’intérêt de la vidéo surveillance.

LA VIDEO SURVEILLANCE. Depuis 2008 et l’annonce par le préfet de police d’implanter 93 caméras de vidéosurveillance dans le 18e arrondissement, le sujet revient systématiquement à l’ordre du jour du conseil d’arrondissement. Pour résumer, les conseillers PS y sont favorables, moyennant aménagement et concertation quant aux emplacements de ces caméras ; le PC et les Verts sont contre ; l’opposition y est résolument favorable. Une question orale du groupe UMP relative à la vidéo protection dans les logements sociaux a donc permis à l’opposition de relancer le débat, en se délectant des divisions de la majorité municipale.

Christian Honoré, conseiller UMP, a d’abord évoqué des rapports de la gendarmerie et de la police (sans les produire), lesquels feraient état d’une baisse de la délinquance dans les villes où sont installées des caméras de vidéo surveillance. Puis, il s’est interrogé : « Il n’est pas normal que les logements privés soient équipés de caméras, alors que les logements sociaux en sont dépourvus. » Et de sommer Michel Neyreneuf, PS, chargé des politiques du logement dans le 18e, d’indiquer quels étaient les bailleurs sociaux qui avaient équipé leurs immeubles de ces fameuses caméras. Piqué au vif, celui-ci a d’abord rétorqué que les caméras installées au carrefour Barbès-Rochechouart n’empêchaient pas les vendeurs de cigarettes à la sauvette d’opérer. Avant de répondre que 22 immeubles relevant du logement social étaient équipés de caméras.

Les conseils de quartier de l’arrondissement s’interrogent eux aussi sur l’opportunité de tels équipements. Après Goutte d’or-Château Rouge début 2009, le conseil de quartier Amiraux-Simplon-Poissonniers a présenté un vœu relatif au sujet. Il demande notamment qu’une étude sérieuse sur l’efficacité de la vidéosurveillance soit lancée. Le vœu a été rejeté. En effet, estime la majorité municipale, c’est à l’État qu’il revient d’engager une étude nationale. Reste que cette histoire est loin d’être terminée. Daniel Vaillant lui-même en convient : « Le plan présenté par la préfecture de police ne nous satisfait pas, il faut qu’il s’accompagne d’une augmentation des moyens humains, notamment du nombre de policiers sur le terrain. »

Voir aussi sur le site, le film : Vidéo surveillance, le débat UMP/les Verts
Lire aussi sur le site : Le 18e arrondissement sous vidéo surveillance, qu’en dit la rue ?

En Bref...

Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement, a alerté Eric Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale, ainsi que le préfet de Paris, sur la situation des sans-papiers du collectif CSP 75 qui occupent le centre CPAM de la rue Baudelique depuis le mois de juillet 2009. Par courrier, il leur a demandé que tous les dossiers soient étudiés au cas par cas. Les verts soutiennent l’occupation et souhaitent que les sans-papiers puissent y passer l’hiver. L’opposition réclame que soient régularisés « ceux qui ont vocation à l’être ». Daniel Vaillant a aussi précisé l’histoire de ces bâtiments : avant la CPAM, dans les années soixante, l’espace était occupé par une laiterie qui approvisionnait tout l’arrondissement. En 2005, la ville de Paris avait souhaité acheter les locaux pour y construire des logements sociaux. Mais la CPAM demandait alors 35 millions d’euros. Trop cher.
Lire aussi sur le site  : Un ministère de la Régularisation des sans-papiers dans le 18e et voir le diaporama  : Au cœur des locaux vides de la CPAM

Les anciens locataires de l’hôtel meublé, situé au 47 rue Hermel, qui occupent le trottoir devant l’établissement fermé depuis l’incendie qui s’est déclaré fin août, ont été reçus à plusieurs reprises par les services de la mairie. Les discussions se poursuivent dans l’attente de trouver une solution de relogement durable. Les propositions de logement provisoire ayant été refusées par les familles, appuyées par Droit au logement (le DAL). Les propriétaires de l’hôtel, en conflit depuis deux ans avec la gérance qualifiée de « marchand de sommeil », souhaitent vendre l’immeuble à la municipalité.
Lire aussi sur le site : L’incendie d’un hôtel meublé rue Hermel fait quatre blessés légers et Rue Hermel, les habitants campent devant leur hôtel incendié

Une quinzaine d’artistes (des peintres) de la place du Tertre, sur la Butte Montmartre, étaient présents au conseil pour protester contre une délibération devant entériner l’augmentation de la taxe d’occupation de leurs emplacements. Celle-ci doit passer de 80€ à 277€ par an et par emplacement. Cette question a divisé les élus de la majorité. Afaf Gabelotaud, adjointe au maire du 18e chargée du commerce, de l’artisanat et du développement économique, a rappelé que la tarification n’avait pas été réévaluée depuis 26 ans. Mais cette augmentation de 350 % a été dénoncée par les artistes présents et les élus UMP comme beaucoup trop forte. La délibération a finalement été adoptée par le conseil d’arrondissement du 18e.

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