mardi 28 mars 2017| 45 riverains
 

La vidéo surveillance enflamme le conseil d'arrondissement

Le ton est sérieusement monté, lundi 20 septembre 2010, à la fin du conseil d’arrondissement du 18e, quand l’élu vert Pascal Julien a contesté, avec une ironie mordante, un vœu présenté par l’opposition UMP, consacré à l’installation de caméras de vidéo surveillance supplémentaires dans une rue du quartier. Explications et vidéo.

« La preuve est faite que le ridicule ne tue pas. À cette heure-ci, I have a dream. Je rêve, je suis d’accord avec M. Bournazel (patron du groupe UMP dans le 18e arrondissement de paris) : il faut de la vidéo surveillance partout où les choses dangereuses se trament. Là où des complots s’élaborent, qui aboutissent à des décisions dont souffrent tant les Français. »

Pascal Julien, élu vert du 18e arrondissement de Paris et opposant à l’installation de caméras de vidéo surveillance dans les rues de Paris, explose. Le vœu consacré à la vidéo surveillance, présenté par l’UMP, lundi 20 septembre 2010, en fin de conseil d’arrondissement, le fait sortir de ses gonds. « Il faut de la vidéo surveillance là où se trament des choses qui prennent l’argent, à certains qui en donnent à d’autres. Il faut des caméras dans le bureau de M. Woerth, il en faut dans le salon de Mme Betancourt. Je veux des caméras dans toutes les salles de l’Élysée... »

La suite en vidéo, film extrait de la restransmission du conseil, réalisée en direct par le Centre d’animation des Abbesses. Vous pouvez voir la totalité de ce conseil d’arrondissement, en cliquant ici.

Jusque-là, le conseil s’était tenu en termes courtois. Une soixantaine de délibérations, majoritairement consacrées à l’octroi de subventions, avaient été votées. À l’unanimité, pour la plupart d’entre elles. Présenté par Christian Honoré, le vœu prenait source dans un fait divers estival : en juillet 2010, plusieurs voitures avaient été incendiées à la hauteur des numéros 247 – 251 de la rue Marcadet. « Cet acte criminel grave a fortement ému les riverains, a expliqué l’élu de l’opposition en lisant le vœu formulé par son groupe politique. Il est évident que la présence de caméras de vidéo protection aurait pu dissuader ces délinquants, ou, dans le cas contraire, aurait au moins permis de les identifier. »

Et l’opposition de demander au maire du 18e, Daniel Vaillant, de saisir la préfecture de police et la mairie de Paris, pour obtenir l’installation de caméras de vidéo protection rue Marcadet, et d’exiger de Paris Habitat (gestionnaire de l’ensemble de logements sociaux situés à cette adresse) la mise en place de telles caméras à l’entrée des 247 – 251 rue Marcadet.

Michel Neyreneuf, adjoint au maire en charge de l’urbanisme, auquel Daniel Vaillant a demandé de répondre, a immédiatement embrayé : « Quelle naïveté, M. Honoré ! Et les cagoules ? Si les auteurs de ces incendies portaient des cagoules, comment les identifier sur des caméras ? Je rappelle par ailleurs que Paris Habitat possède ses propres organes de concertation avec les locataires. Ils discutent ensemble. » Autrement dit, ce n’est pas à la municipalité de trancher la question des caméras de surveillance dans les logements sociaux.

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Le conseil, auquel assistait, au début, Bertrand Delanoë, maire de Paris et élu du 18e, a également voté, à l’unanimité, l’organisation de la concertation préalable pour le projet d’extension du tramway T3 jusqu’à la porte d’Asnières.

Plusieurs élus de la majorité exposent ensuite leurs points de vue. Angle d’attaque : l’augmentation de la délinquance dans la capitale, la baisse du nombre de policiers dans les rues. Pour mémoire, rappelons que la majorité municipale est favorable à l’installation d’un millier de caméras dans les rues de Paris dès l’année prochaine (93 dans le 18e arrondissement). Mais elle ne veut pas entendre parler de l’installation de caméras supplémentaires. Rappelons aussi que la majorité est divisée sur cette question : les Verts et le PC s’y opposent.

En réclamant, pratiquement à chaque conseil d’arrondissement, l’installation de matériels supplémentaires, l’UMP répond, selon le parti présidentiel, « aux demandes des habitants de l’arrondissement », et prend un malin plaisir à diviser cette majorité. Or, ce lundi 20 septembre 2010, sur le coup de 22 h, l’attaque fait pshitt. Élus PS, Verts et PC ne tombent pas dans le piège. Leur cible, c’est l’UMP. « Vous n’avez pas changé, souligne alors Pierre-Yves Bournazel. L’angélisme dont vous faites preuve est incroyable. Sous votre mandat, M. Vaillant, quand vous étiez ministre de l’Intérieur (2000 – 2002), la délinquance a augmenté de 14 % ! » Émois et guerre des chiffres dans la salle des mariages de la mairie…

Daniel Vaillant donne alors la parole à Pascal Julien. Lequel, d’un air las, mais d’une voix ferme, attaque son monologue enflammé. Qui aboutira à une suspension de séance réclamée par l’UMP ulcérée. Entre temps, des applaudissements auront fusé des bancs de la majorité municipale. Dans le public, plusieurs personnes se seront levées en balançant du bout des lèvres : « C’est une honte. » Et Daniel Vaillant finira par ramener le calme. Le vœu sera rejeté, puis la séance du conseil finalement levée.

Sur la vidéo surveillance, lire également :
- Vidéosurveillance : première étape au Conseil de Paris
- Vidéosurveillance : le débat UMP / Les Verts sur dixhuitinfo
- Le 18e arrondissement sous vidéosurveillance : qu’en dit la rue ?

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