lundi 25 septembre 2017| 15 riverains
 

Conseiller de quartier : « Notre atout, c'est d'être sur le terrain »

Dominique Augiron, vice-président du conseil de quartier Jules Joffrin - Clignancourt, explique le rôle d’un conseiller de quartier. Les 8 conseils de quartier du 18e arrondissement de Paris renouvelleront la moitié de leurs membres, mercredi 18 novembre, par tirage au sort. Instaurées par la loi Vaillant de 2002 (le maire du 18e était alors ministre de l’Intérieur), ces instances de démocratie locale sont souvent méconnues par les habitants des quartiers concernés. Interview.

Critiqués par certains, enscencés par d’autres, les conseils de quartier sont souvent mal connus de la population des villes de plus de 80 000 habitants, où ils sont obligatoires. Ils permettent pourtant aux habitants de participer à des débats sur la vie locale et municipale et de proposer des actions. Chaque conseil restreint est composé de 40 membres, dont 26 habitants tirés au sort parmi des volontaires, 10 représentants d’associations et 4 représentants d’institutions publiques de quartier, mais il organise aussi 3 à 4 réunions publiques par an, ouvertes à tous les habitants.

JPEG - 38.9 ko
Dominique Augiron : « Les élus ont parfois du mal à comprendre que les habitants ont du bon sens et de bonnes idées »

Le renouvellement de la moitié des membres des 8 conseils de quartier du 18e arrondissement, mercredi 18 novembre, est l’occasion de revenir sur le rôle de cette instance de démocratie locale. Dominique Augiron, vice-président du conseil de quartier Jules Joffrin / Clignancourt, explique le rôle d’un conseiller de quartier à travers son expérience. Ce pré-retraité du secteur aéronautique de 59 ans a toujours habité le 18e arrondissement, et a été tiré au sort en 2004.

Dixhuitinfo - Comment devient-on conseiller de quartier ?
Dominique Augiron - La première des choses, c’est d’être motivé par la vie de quartier, sinon, ce n’est pas la peine. Ensuite, en répondant à l’appel de la mairie qui tire au sort les conseillers de quartier parmi des volontaires. Je me suis présenté en 2004 au moment d’un renouvellement. J’avais un peu de temps et participer à la vie de quartier m’intéressait. Et puis, c’est vrai qu’être conseiller de quartier, ça a un côté un peu honorifique aussi.

A quoi sert un conseiller de quartier ?
Le conseiller de quartier fait le lien entre la mairie, les élus, et la population. On fait remonter les désirs des habitants et on a une vraie force de proposition. Ça peut être le côté festif, avec l’organisation de fêtes de quartier par exemple, ou la résolution de problèmes du quotidien, comme la question du stationnement. Nous formulons des vœux, que le président du conseil de quartier (pour nous, c’est la conseillère de Paris et élu du 18e Laurence Glodgrab) présente au Conseil d’arrondissement.

C’est à partir du bureau, composé d’une dizaine de personnes, que nous mettons en place notre action. On reçoit des doléances d’habitants, on en discute en bureau, puis en conseil restreint. Ensuite, on décide ou non d’en faire une réunion publique. Notre atout, c’est d’être sur le terrain. On vit les problèmes au quotidien, les gens nous interpellent. Ils nous prennent parfois pour des élus, c’est pas toujours évident…

Est-ce que ça vous prend beaucoup de temps ?
Le bureau se réunit au minimum une fois par mois. Pour le comité restreint, c’est une fois tous les trimestres, mais pour la prochaine mandature, on voudrait que ce soit plus souvent. Et puis, il y a 3 ou 4 réunions publiques par an. Ça peut paraître peu, mais c’est la condition pour qu’elles soient réussies. C’est surtout un travail quotidien. Un conseil de quartier ne peut marcher que si le bureau fonctionne comme une véritable équipe, avec des taches bien définies et bien réparties. C’est un gage d’efficacité.

Justement, est-ce que la mairie écoute les conseils de quartier ?
Nos propositions ne sont pas toujours suivies d’effet, c’est vrai, mais ça remonte. On en a eu plusieurs exemples. L’année dernière, il y a eu un problème avec La Poste, rue Duc, qui avait sous-traité à la RATP le transport des postiers pour leurs tournées. Du coup, des gros bus stationnaient rue Duc et rue Duhesme. Une association d’habitants s’est créée, et le bureau du conseil de quartier Jules Joffrin a participé à plusieurs entrevues avec la mairie. On a fini par trouver un compromis.

Nous ne sommes pas décisionnaires, nous sommes consultés, car, et c’est normal, ce sont les élus qui ont le pouvoir. Problème, il peut arriver que nous commencions à faire des propositions sur des projets qui sont, en réalité, déjà arrêtés. Les élus ont parfois du mal à comprendre que les habitants ont du bon sens et de bonnes idées, dans la mesure où ils vivent le quartier au quotidien.

Qu’est ce que vous répondez à ceux qui pensent que les conseils de quartiers participent d’une illusion de démocratie ?
C’est facile à dire quand on n’est pas dedans. Si les gens ont vraiment envie, ils seront toujours écoutés et souvent entendus. De toutes les façons, il faut bien se dire que les conseils de quartier ne vont pas tout résoudre. Il y a des habitants qui viennent aux réunions publiques pour que l’on réponde à leur problème individuel.

Ce que l’on cherche, c’est à résoudre des problèmes collectifs. Mais on a quand même un peu de marge de manœuvre… Les vœux, écrits par le bureau, et discutés par le conseil restreint sont parfois adoptés par les conseils d’arrondissement. Sous la première mandature, il y en a un qui nous tenait particulièrement à cœur et qui a été plus ou moins été suivi d’effet. Il s’agit de la création de maisons relais dans l’arrondissement.

Quel bilan tirez-vous de votre expérience en tant que conseiller d’arrondissement ?
Dans l’ensemble, nous avons de bonnes relations avec l’équipe municipale. Mais, parfois, quand nous formulons des propositions, les élus les reprennent à leur compte, sans jamais mentionner qu’elles viennent du conseil de quartier. C’est assez énervant. Au-delà, la participation au conseil de quartier permet de créer et de renforcer le contact avec les élus, d’une part et avec les habitants, d’autre part.

Ce qui pêche le plus, c’est la communication. Il y a des associations qui ne connaissaient même pas l’existence des conseils de quartier ! Ce qui me chagrine aussi, c’est que cette communication passe désormais le plus souvent par Internet. Toute une partie de la population, et notamment les plus âgés, n’y a pas accès. On vient de mettre en place des panneaux d’affichages pour tenter d’y remédier.

Tirage au sort des conseillers de quartier, mercredi 18 novembre 2009 à 18h00 (candidatures possibles jusqu’au tirage au sort),
Tirage au sort, mode d’emploi sur le site Internet de la mairie du 18e.

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes