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Alain Juppé, Cécile Duflot, Jean-François Copé, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon sont tous venus soutenir des candidats du 18e arrondissement.
Les personnalités politiques nationales se sont succédées dans le 18e arrondissement de Paris à l’occasion des élections législatives. Dans un café ou pour une balade dans le quartier, elles sont venues soutenir des candidats locaux. A quoi ont servi ces visites ? Quelques éléments de réponse.
Ils ont sillonné les rues et cafés du 18e. Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé à droite, Cécile Duflot, Bertrand Delanoë, Jean-Luc Mélenchon à gauche… Autant de figures nationales venues soutenir des candidats locaux pour les élections législatives. Quelques jours avant le scrutin, ces visites médiatiques ont rythmé la campagne, et ont attiré les militants autant que les badauds. Mais finalement, à quoi ça sert ?
Ces visites nationales sont vécues comme des petits moments de gloire. Pourtant, un candidat avouait au lendemain du deuxième tour qu’elles ne changent pas grand-chose à la donne. Les visites de Jean-François Copé, François Fillon et Alain Juppé (UMP) auprès de Pierre-Yves Bournazel (18e circonscription) n’ont pas empêché Christophe Caresche de frôler les 70%. Ni Daniel Vaillant (19e) de les dépasser face à Roxane Decorte, qui avait elle aussi reçu François Fillon. Dans la 3e, Valérie Paparemborde, malgré la visite de plusieurs personnalités de l’UMP au début de sa campagne, s’est inclinée face aux presque 60% de son opposante. Les politesses nationales ne suffisent pas à renverser un scrutin. Il est même peu probable qu’elles en modifient le score.
Un remontant pour les militants
Si ces visites ont une utilité, il faut la chercher ailleurs. Elles semblent en fait s’adresser surtout aux électeurs déjà conquis plutôt qu’aux autres. Il suffit de voir l’excitation et l’empressement avec lequel les militants – de tout bord et de tout âge – se pressent pour serrer la main ou obtenir une photo de la personnalité nationale venue passer quelques minutes en leur compagnie. Pas de meilleur remède au découragement de fin de campagne : remontés à bloc, les sympathisants sont prêts à partir tracter l’après-midi entière après les discours de leurs idoles.

- Les journalistes et militants se pressent devant François Fillon lors de sa venue dans le 18e, mardi 5 juin 2012.
Ces rencontres convenues sont aussi le moyen d’attirer l’attention médiatique. Appareils photo et caméras sont bien souvent au rendez-vous, y compris venant de médias nationaux. La notoriété étant souvent le nerf de la guerre, l’important est de faire parler de soi. Les déclarations sont d’ailleurs souvent convenues. La photographie du candidat au côté de son invité comptant davantage que les échanges d’amabilité. Quant aux figures nationales, souvent également en campagne, elles profitent aussi de ce jeu journalistique.
Un tremplin pour le futur
Des idoles pour les militants et pour les médias donc, plus que pour le résultat dans les urnes. Un dernier aspect se devine cependant. Des campagnes locales comme celles des législatives, de surcroît à Paris, sont souvent un tremplin vers de futures responsabilités nationales. Nul doute que les candidats, heureux ou malheureux, sauront rappeler au souvenir de leur alliés de poids et de leurs collègues nationaux ces quelques moments convenus mais malgré tout symboliques.
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