lundi 26 juin 2017| 22 riverains
 

Le retour des policiers de terrain sera-t-il efficace ?

Des policiers partent en patrouille dans le 18e arrondissement.

Brigade spécialisée de terrain (BST), extension de la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) Château Rouge dans le métro : les policiers tentent d’occuper à nouveau le terrain en ce début d’année dans le 18e arrondissement de Paris. Est-ce efficace ? Quels sont les effets pervers ?

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls l’avait annoncée en décembre 2913. La Brigade spécialisée de terrain (BST) a été installée, jeudi 6 février 2014, dans le nord de la capitale, en présence de Bernard Boucault, préfet de police et de François Molins, procureur de la République de Paris.

Cette brigade spécialisée, composée de vingt-cinq fonctionnaires de police, est tenue de patrouiller sur la voie publique dans le secteur de la Gare du Nord. Couvrant une partie des 9e, 10e et 18e arrondissements, son périmètre d’action s’étend de la rue de la Goutte d’Or au nord, à la rue La Fayette au sud. Sur ce même territoire existent déjà les Zones de sécurité prioritaires de Barbès/Château-Rouge et de Stalingrad, que viendront donc renforcer les nouvelles recrues de la BST.

Liens avec la population et les commerçants

D’où viennent ces policiers et quelles sont leurs missions ? Pour la préfecture, le rôle de cette nouvelle brigade est clairement établi : « Elle a pour objectif de lutter contre la délinquance tout en renforçant les liens avec la population et les commerçants, au moyen de fréquentes prises de contact », peut-on lire sur le communiqué signé par le préfet de police.

Mais pour Alliance, le syndicat de la police nationale, classé à droite et non majoritaire, la situation est loin d’être aussi simple. « Il faut savoir que ces vingt-cinq policiers ne sortent pas de l’école, ils ont tous répondu à un appel d’offre sur Paris et la petite couronne », précise Emmanuel Quémener du syndicat Alliance, à Paris.

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Le secteur d’intervention de la Brigade spécialisée de terrain.

« Ce sont des collègues expérimentés qui travaillaient déjà pour la plupart dans des commissariats, au sein de la Direction de la Sécurité Publique. C’est une très bonne nouvelle pour le secteur Gare du Nord, qui est dorénavant bien doté en forces de l’ordre. Mais le problème, c’est bien que ces policiers n’ont pas été remplacés dans leur commissariat d’origine, à présent en sous-effectifs. »

BSP + ZSP, est-ce efficace ? Si l’ensemble d’un territoire est couvert par les deux dispositifs, probablement. Mais ce n’est pas le cas. Exemple, les rues Pajol et Marc Séguin, toujours pas concernées par ces mesures spécifiques, ont déjà fait les frais d’un « effet report » dénoncé par Alliance. Emmanuel Quémener estime même que « les quartiers tranquilles du 18e peuvent ainsi être touchés par la délinquance ».

Nouveaux policiers à la Chapelle

Interrogée sur ce phénomène, Myriam El Khomri, chargée de la prévention et de la sécurité à la mairie de Paris, se défend : « D’abord, à la mairie, on accueille très favorablement cette BST, car elle propose des moyens pour résoudre un problème précis et localisé : la vente à la sauvette et le trafic de stupéfiants. » « Quant à l’effet report, poursuit-elle, c’est un risque bien connu sur lequel on se penche régulièrement. Il est vrai que le but est de traiter la délinquance, pas de la déplacer. »

Pour l’élue du 18e et actuelle numéro trois sur la liste du candidat PS Eric Lejoindre aux municipales, « si un territoire n’est pas compris dans une zone de sécurité prioritaire ou concerné par une brigade spécialisée, cela ne veut pas dire qu’il est livré à lui-même. Exemple, de nouvelles équipes ont été spécialement affectées au quartier de la Chapelle en décembre dernier. » Ces effectifs proviennent de la soixantaine de nouveaux policiers mis à la disposition du commissariat du 18e par le ministre de l’Intérieur à la fin de l’année dernière.

La ZSP descend dans le métro
La ZSP Château-Rouge a vu, mercredi 12 février 2014, son territoire étendu aux couloirs du métro des lignes 4 et 12 dans le 18e arrondissement. Il s’agit de déployer des policiers sur le tronçon Nord de la ligne 12 du métro, dans les stations porte de la Chapelle, Marx Dormoy, Marcadet-Poissonniers (qui concerne aussi la ligne 4), Jules Joffrin, Lamarck-Caulaincourt et Abbesses.

« De gros problèmes de trafics de drogues nous ont sont signalés, en particulier à la station Marcadet-Poissonniers, confirme Myriam El Khomri, adjointe au maire de Paris chargée de la sécurité. c’est pourquoi une présence policière y sera utile. Pour éviter l’effet report de ces trafics, les stations adjacentes seront également placées sous contrôle. Ce dispositif s’effectue en accord avec la RATP d’une part, et l’association Coordination toxicomanies d’autre part, pour ne pas procéder à des évacuations sans prise en charge. »

Une convention a d’ailleurs été signée entre la mairie du 18e, la RATP et Coordination toxicomanies pour valider le dispositif.

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2 commentaires
  • Le retour des policiers de terrain sera-t-il efficace ? 21 février 2014 15:25, par Constantin Karakitsoo

    actuellement la police sert a déplace les problèmes, Il faut de la autorité (pas cela du FN), applique les lois (tellement) déstabiliser le ghettoïsation renforcé la mixité, et que les policiers soit souriants et bienveillants !

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  • Le retour des policiers de terrain sera-t-il efficace ? 12 mars 2014 22:36, par James le chat

    Ces policiers de terrain seront t-ils un jour du côté de la rue Marc Séguin ?
    Liste non exhaustive des activités hebdomadaires, voire quotidiennes pour certaines, dans cette rue :
    - la destruction de vitres et portes de hall,
    - les trafics en tous genre (stupéfiants, cigarettes, viandes...)
    - le tapage diurne et nocturne
    - les rixes
    - les cambriolages et vols en tout genre
    - le cassage de vitres de voitures dans les parkings souterrains
    et j’en oublie...
    Ces "activités" devraient pourtant les avoir fait venir depuis bien longtemps ces policiers.
    Les demandes des habitants de la zone Marc Séguin - Tristan Tzara de voir ré-ouvrir un commissariat dans le quartier ont obtenu une fin de non recevoir systématique.
    Je cite Eric Lejoindre : "si un territoire n’est pas compris dans une zone de sécurité prioritaire ou concerné par une brigade spécialisée, cela ne veut pas dire qu’il est livré à lui-même."
    A cela je répond : dans ce cas, si ce n’est le territoire, c’est la population qui est livrée à elle- même

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