lundi 26 juin 2017| 22 riverains
 

Le feu à Château Rouge : « J'ai vu les flammes dans le salon »

Les pompiers ont travaillé jusqu’à 5h du matin, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour venir à bout de l’incendie de la rue de Panama. Photo @gammaire.

Six personnes ont été blessées, vendredi 13 juin 2014, vers 4h du matin, dans un violent incendie qui a dévasté un immeuble du 18e arrondissement de Paris, rue de Panama. Melissa, une étudiante de l’Ecole française de journalisme, a rencontré l’un des sinistrés. Reportage.

Depuis 6 heures du matin, il n’a pas quitté son poste. Juché sur un immense tas de débris, les mains gantées, Emile Jean tente de sauver quelques bricoles. L’incendie qui s’est déclaré la nuit dernière dans son appartement situé 7 rue de Panama, dans le 18e arrondissement de Paris, a tout ravagé. Ne reste qu’un amas de sommiers, vêtements, produits de beauté et photos noircis par la suie, tout comme la façade de l’immeuble. Une forte odeur de plastique brûlé et d’humidité se propage dans l’air ambiant.

Emile Jean vient s’asseoir sur le trottoir. Il est inquiet : tôt ce matin, les pompiers ont conduit à l’hôpital Bichat son épouse intoxiquée par la fumée. C’est elle qui s’est rendue compte la première du drame qui se tramait dans leur logement du deuxième étage. « Vers 4 heures du matin, ma femme m’a réveillé en me disant que quelque chose n’était pas normal. Elle est sortie de la chambre pour aller au salon. »

Appartement dévasté

Il s’interrompt, se frotte les yeux. Sa voix se brise : « Je l’ai entendue crier, je me suis levé pour la rejoindre, et j’ai vu les flammes dans le salon. » Ensuite, tout devient flou. Le quinquagénaire se souvient seulement de s’être retrouvé sur le trottoir au petit matin, alors que les pompiers évacuaient l’immeuble.

Il se lève, retourne fouiller les restes de ses affaires. Il extirpe un sac de cuir noir, l’ouvre et s’exclame : « Les papiers, ils étaient là ! » Il revient s’asseoir, exhibant carte d’identité, permis de conduire et carte vitale. Emile Jean retrouve un peu le sourire. Son appartement de 70m2 est dévasté, mais il fait confiance à son assurance : « J’habite ici seul avec ma femme depuis 2009, je n’ai jamais eu de problème. J’ai les bons papiers, je devrais pouvoir être indemnisé rapidement. »

Cent pompiers mobilisés

À présent, la première urgence est de reloger provisoirement les victimes de l’incendie qui a fait six blessés légers selon le commandant Plus, officier au service de communication des sapeurs pompiers de Paris. « Le feu a endommagé plusieurs appartements ; les plafonds ont été noircis par la fumée, les portes ont été enfoncées à la hache, et les lances à eau ont inondé les étages inférieurs. La cage d’escalier a aussi été touchée », explique le pompier.

Il faut dire que l’incendie, qui s’est propagé jusqu’au quatrième étage de l’immeuble, a nécessité l’intervention de cent pompiers et d’une trentaine d’engins, jusqu’à la fin de l’évacuation, vers 6 heures et demi. Mais le commandant assure que « la mairie du 18e arrondissement va mettre en place un plan d’urgence pour que les habitants sinistrés puissent avoir un toit ce soir ». Quant aux circonstances du drame, elles sont encore méconnues pour le moment, mais le Laboratoire Central de la Préfecture de Police s’est rendu sur place ce matin pour effectuer des analyses.

Une télé à l’origine de l’incendie ?

Emile Jean a cependant sa petite idée sur le départ du feu : « Je n’ai pas pu bien voir avec la fumée dans le salon, mais je me demande si ce n’est pas la télé qui a tout provoqué… », confie-t-il. Quelques voisins venus aider pointent du doigt les installations électriques et l’insalubrité du bâtiment. Charles, qui habite au coin de la rue de Panama, raconte : « Il y a huit ans, c’est notre immeuble qui a pris feu. Pas étonnant, vu l’état dans lequel il était ! Ici, c’est sûrement la même chose. »

Solidaire, le jeune homme de vingt-deux ans se dirige vers Emile Jean pour lui proposer de contacter les assurances à sa place. Au passage, il demande : « Et Mam, où elle est ? » Justement, le quinquagénaire s’apprête à rejoindre sa femme à l’hôpital. Il s’engouffre dans la voiture d’un ami venu l’accompagner. Emile Jean porte les seuls vêtements qu’il a pu sauver : sur son t-shirt militaire sur lequel on peut lire « J’avance » en grandes lettres blanches. L’état d’esprit qu’il lui faudra conserver durant les semaines à suivre.

Cet article a été initialement publié sur le Webzine de l’Ecole française de journalisme.

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2 commentaires
  • merci de preciser que quand vous parlez de : "Solidaire, le jeune homme de vingt-deux ans se dirige vers Emile Jean pour lui proposer de contacter les assurances à sa place." ces sont des "personnes" qui touchent une % sur l’indemnité dont les victimes de l’incendie ont droit. attention aux vautours !!

    Répondre

  • N’insultez donc pas les vautours 2 septembre 2015 09:47, par Neuré Mudont

    Tout le monde n’est pas obsédé par les %, enfin !
    La solidarité existe, ne vous en déplaise.

    Répondre


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