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Plusieurs riverains du 18e arrondissement de Paris ont profité du quatrième compte-rendu de mandat public du Maire Daniel Vaillant, le 16 juin 2009, pour exprimer leur inquiétude quant à la recrudescence de la prostitution dans leurs quartiers : Amiraux-Simplon, Goutte d’Or, Château Rouge et Poissonniers. La municipalité a reconnu les faits, détaillé ses actions et souligné qu’elle ne disposait pas de pouvoirs de police.
Au cours de la séance réservée aux questions du public, un riverain de la rue Doudeauville a déclanché le débat : « Nous constatons une recrudescence de la prostitution africaine dans le quartier. Tous les soirs, plusieurs dizaines de jeunes filles, alignées sur le trottoir à l’angle du boulevard Barbès, attendent les clients. Elles ne sont pas inquiétées. » « Même phénomène rue Hermann Lachapelle », reprend celui-là. Tandis qu’un troisième habitant du quartier a fustigé le racolage entre les portes de Clignancourt et de la Chapelle.

- Des jeunes filles guettent des clients à l’angle de la rue Doudeauville et du bd Barbès.
« Bagarres, hurlements, véhicules à l’arrêt et moteur allumé, la situation est vraiment intenable, a témoigné cette concierge de la rue Doudeauville. Depuis deux ans, la situation s’est réellement dégradée. » « Tous les soirs, ce sont les mêmes filles sur le trottoir et les mêmes mecs en train de les surveiller, a repris ce voisin. C’est inadmissible. » Un phénomène alarmant qui n’épargne pas le boulevard de Clichy, mais dont il n’a pas été question lors de cette réunion : chaque soir, aux alentours de minuit, en face de la salle de spectacle des Trois Baudets, des jeunes femmes racolent discrètement les passants.
« Plusieurs enquêtes sont en cours, a ensuite expliqué Myriam El Khomri, adjointe au Maire de Paris et conseillère déléguée à la Prévention et à la tranquillité publique dans le 18e arrondissement. La BRP (Brigade de répression du proxénétisme) suit de nombreux dossiers. » Et de souligner que plusieurs adresses abritant des lieux de prostitution étaient « tombées » ces derniers mois, dans les rues Léon, Baudélique et Poissonniers.
« Quand elles sont contrôlées, a poursuivi l’élue, les filles présentent des papiers en bonne et due forme. Elles sont majeures ; des tests osseux réalisés sur certaines d’entre elles l’ont confirmé. Mais nous ne sommes pas dupes. La plupart d’entre elles font effectivement du racolage pour rembourser leur passage clandestin en France, 12 000 euros, le plus souvent. Le maire d’arrondissement ne dispose pas de pouvoir de police. Pourtant, chaque mois, nous signalons une cinquantaine de cas au procureur et au commissaire de l’arrondissement. » Pour Myriam El Khomri, « la loi sur le racolage, votée en 2003, ne fonctionne pas ».
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