mardi 22 août 2017| 459 riverains
 

Des vieux migrants menacés d'expulsion de leur hôtel meublé

Neuf vieux travailleurs migrants sont menacés d’expulsion de leur hôtel meublé, rue Ordener, dans le 18e arrondissement de Paris. Ils vivent depuis des années dans un hôtel décati et payent régulièrement leur loyer. Une manifestation de soutien était organisée, mardi 16 juin 2009, par le PCF et le Comité d’action logement, soutenue par la mairie du 18e.

L’hôtel Comète ne paye pas de mine. C’est une bâtisse étroite, aux murs décrépis, située au 116 rue Ordener, dans le 18e arrondissement de Paris. Le rez-de-chaussée est occupé par un bar aux volets mis clos. Dans le quartier, nul ne se souvient l’avoir vu ouvert un jour. Neuf vieux migrants (des travailleurs algériens) vivent dans l’immeuble depuis plusieurs années (depuis 20 ans, pour le plus âgé d’entre eux). Ils occupent chacun une petite chambre avec un coin cuisine. Les commodités sont situées dans le couloir. « Nous avons toujours payé notre loyer, expliquent en chœur Lakahdar, Abdelaziz et Belkacem. 350 euros, charges comprises, versés tous les mois, régulièrement. Nous n’avons pas de famille en France. Nous avons peur de nous retrouver dans la rue. »

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Les travailleurs migrants payent régulièrement leur loyer depuis plusieurs années. Ils sont pourtant menacés d’expulsion.

Depuis deux ans, ces hommes, salariés (deux d’entre eux sont à la retraite) sont menacés d’expulsion. L’affaire remonte à 2005. Cette année-là, l’hôtel est frappé d’un arrêté de péril. Des travaux de mise aux normes sont urgents. La propriétaire, aujourd’hui âgée de 87 ans, refuse. La ville entame des démarches pour acheter l’immeuble. Nouveau refus. La veille dame coupe l’eau. Puis le chauffage. En septembre 2008, elle décide même de ne plus encaisser les loyers. Enfin, elle entame une procédure d’expulsion. Les locataires entreprennent alors de nombreuses démarches : négociation avec la propriétaire, actions judiciaires, inscription sur la liste des demandeurs HLM. Ils déposent également des dossiers Dalo (Droit opposable au logement). Six d’entre eux ont reçu un avis favorable. Les trois autres ne sont pas encore fixés sur leur sort.

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Eric Lejoindre, premier adjoint du maire Daniel Vaillant, Ian Brossat, élu PC et des représentants du CAL, devant le 116, rue Ordener, mardi 16 juin 2009.

Ces procédures sont longues et l’administration n’attend pas : tous les recours ayant été épuisés, l’expulsion deviendra effective le 1er juillet 2009. Bien avant que les hommes soient relogés. C’est pourquoi, Ian Brossat président du Groupe communiste au Conseil de Paris et élu du 18e arrondissement, a adressé, le 12 juin 2009, une lettre au Préfet de police de Paris. Il lui demande « de ne pas faire exécuter la décision d’expulsion de ces locataires, qui provoquerait une aggravation irrémédiable de leurs situations ». Les élus communistes de l’arrondissement déposeront un vœu au prochain conseil, le 29 juin 2009 : adressée au maire de Paris, la requête demande à Bertrand Delanoë d’intervenir « auprès du Préfet de police afin de surseoir à cette expulsion et d’envisager toutes les possibilités permettant à la ville de Paris d’acquérir l’hôtel Comète ».

Au comble de l’infortune, les vieux migrants, à la santé parfois précaire, ne sont qu’à moitié rassurés. Au-delà du PC, ils sont pourtant soutenus par le Cal (Comité action logement) et la mairie du 18e. En effet, Eric Lejoindre, premier adjoint au maire Daniel Vaillant, participait au rassemblement organisé, mardi 16 juin 2009, devant l’hôtel. « Tout ce qui pouvait être fait l’a été, a-t-il expliqué. La préfecture est désormais face à ses responsabilités. » « Cela nous ennuie de quitter un quartier auquel nous sommes attachés, expliquent Lakahdar, Abdelaziz et Belkacem. Tout ça pour une histoire d’argent. Nous pensons que le fils de la propriétaire veut récupérer l’hôtel. C’est une famille riche. » Cette histoire met une fois de plus en lumière la situation précaire des résidents des hôtels meublés. Ces établissements se comptent encore par dizaines dans le 18e arrondissement. Leurs occupants demeurent à la merci du bon vouloir des propriétaires.

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