lundi 23 octobre 2017| 19 riverains
 

Dégradation d'une stèle à la mémoire<br>des enfants juifs du 18e arrondissement

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Noël Veg, président du Conseil national pour la mémoire des enfants juifs du 18e arrondissement, devant la stèle renversée, square Serpolet, rue des Cloys.

Une stèle érigée square Léon Serpollet à la mémoire des enfants juifs déportés du 18e arrondissement a été volontairement dégradée dans la nuit du 10 au 11 juin 2008. Noël Veg, président du Conseil national pour la mémoire des enfants juifs déportés du 18e et Daniel Vaillant, maire du 18e, ont fermement condamné cet acte de violence.

Brisée, la stèle de verre gît au milieu du massif de fleurs du square Serpollet dans le 18e arrondissement. Les 90 noms d’enfants juifs du 18e, déportés vers les camps de la mort en 1942, sont illisibles. Des traces de pas maculent la terre fraîchement retournée. Selon plusieurs témoins, le forfait aurait été commis par une dizaine de personnes, jeunes pour la plupart, entre 22h et minuit, dans la nuit du 10 au 11 juin 2008.

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La stèle avait été inaugurée le 27 janvier 2008.

Sur place, Noël Veg, président du Conseil national pour la mémoire des enfants juifs du 18e arrondissement, est consterné : « C’est un acte totalement stupide. Il faut être totalement illettré pour détruire un tel symbole. Le plus jeune des enfants déportés avait 14 jours et le plus âgé, 6 ans. C’était indiqué sur la stèle. »

Depuis 1999, des plaques sont apposées sur les murs des écoles de la capitale afin d’honorer la mémoire des 6374 enfants scolarisés déportés vers les camps de la mort de 1942 à 1944. En revanche, aucune plaque ne racontait l’histoire des enfants trop jeunes pour aller à l’école et raflés quand même. C’était le rôle de cette stèle, dévoilée le 27 janvier 2008 dans un lieu symbolique.

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La dégradation de la stèle signifie « qu’il faut toujours être vigilants », dit Noël Veg.

« Le square Serpollet n’existait pas le 16 juillet 1942, raconte Noël Veg. À la place, se tenait un hangar où furent parqués, avant d’être transférés au Vel’ d’Hiv’, de nombreux habitants du 18e d’origine juive qui venait d’être arrêtés. Aujourd’hui, des enfants jouent à cet endroit. Ce lieu était indiqué pour honorer la mémoire de petits parisiens, dont le plus âgé avait 6 ans. »

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En juillet 1942, des habitants du 18e d’origine juive furent parqués dans un hangar situé à l’emplacement du square Serpolet.

Une plainte a été déposée au commissariat du 18e arrondissement. Le maire, Daniel Vaillant, a lui aussi fermement condamné « cet acte de dégradation volontaire ». « On ne peut pas parler de racisme ou d’anti-sémitisme, aucune inscription n’a été retrouvée sur les lieux, poursuit Noël Veg. Cet acte signifie qu’il nous faut toujours être vigilants ».

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