vendredi 20 octobre 2017| 18 riverains
 

Des mesures éducatives pour réparer les Vélib'

Pour Myriam El Khomri, adjointe chargée de la prévention et de la sécurité auprès du Maire de Paris, la meilleure des préventions, c’est la dissuasion.

Depuis le mois de juin 2012, une vague de vandalisme sans précédent frappe des stations Vélib’ des 18e et 19e arrondissements de Paris et des communes limitrophes. Myriam El Khomri, adjointe chargée de la prévention et de la sécurité auprès du Maire de Paris et élue du 18e arrondissement, prône des mesures éducatives pour enrayer ce phénomène. Interview.

Dixhuitinfo - Étiez-vous au courant de l’augmentation des actes de vandalisme touchant les stations Vélib’ du Nord-Est parisien ?

Myriam El Khomri - À l’Hôtel de ville, nous avons été alerté début juin (2012) au sujet d’une recrudescence des vols et dégradations de Vélib’ dans le Nord-Est parisien : dans une partie du 18e arrondissement, près de la porte de la Chapelle, sur l’avenue Raymond Queneau mais aussi dans le 19e arrondissement, et puis à Saint-Ouen, Saint-Denis, Pantin et Aubervilliers. Ce phénomène a été constaté à partir du mois de mai. Alors minime, il a pris de l’ampleur en juin. Des vélos étaient arrachés et des trappes forcées pour retirer les Vélib’ des bornettes sur lesquelles ils sont fixés.

Une réunion s’est tenue jeudi 19 juillet à l’Hôtel de ville de Paris, en présence de la société JCDecaux, en charge des Vélib’, que s’y est-il dit ?

Nous avions demandé un point précis à Decaux afin de savoir comment éviter ces dégradations. Lors de la réunion, Decaux a expliqué avoir renforcé les trappes avec plusieurs visses, dès le mois de juin, et avoir modifié 2 800 bornettes dans le Nord-Est de la capitale. Une mesure assez efficace puisque le nombre de trappes cassées a depuis été limité. Le week-end du 14 juillet, une période habituellement tendue, 58 stations ont été fermées de manière préventive, pour qu’elles ne soient pas vandalisées.

Vous avez des éléments d’explication concernant cette recrudescence ?

Je pense qu’il y a quelques jeunes qui ont repéré cette faille des bornettes et l’ont exploitée. Le but n’est pas de revendre les vélos, mais de faire un tour. Ensuite, le deux-roues est abandonné quelque part dans le quartier. C’est de l’opportunisme bête et méchant.

JCDecaux parle d’un phénomène uniquement localisé dans le Nord-Est parisien, vous qui connaissez bien ce territoire en tant qu’élue du 18e arrondissement, avez-vous des éléments d’explication pour comprendre cette spécificité locale ?

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Station Vélib’ fermée lundi 16 juillet 2012, quai de Metz (Paris 19e). Durant le week-end du 14 juillet, une cinquantaine de stations ont été fermées par prévention, par JCDecaux. Photos : ©Adèle Ponticelli

Du jour au lendemain on a eu tout de suite plus de dégradations sur les Vélib’ et de façon très localisée. C’est pourquoi on se dit que les auteurs doivent être une bande de jeunes qui se connaissent. Mais je n’ai pas les données précises des récentes interpellations.

Qu’il y ait des problématiques de ce type autour de la porte de la Chapelle n’est pas nouveau. C’est un quartier difficile, beaucoup de jeunes y sont livrés à eux-mêmes. Attention, cela ne veut pas dire qu’ils sont tous dans la délinquance. Et encore une fois, je ne peux pas faire la connexion avec les jeunes arrêtés parce que je n’ai pas leur profil.

Que comptez-vous faire en terme de prévention pour endiguer le phénomène ?

La meilleure des préventions, c’est la dissuasion. D’abord réparer les bornettes afin que les vélos ne puissent plus être arrachés. Ensuite tous les acteurs avec lesquels nous travaillons ont été sensibilisés à cette question : les éducateurs de rue qui travaillent en direction des jeunes dans l’espace public et les associations des 18e et 19e arrondissements. Eux mêmes ont ensuite passé des messages de prévention en ce sens et expliqué que ce sont tous les habitants du quartier qui payent ce vandalisme.

Il y a eu aussi des signalements réalisés auprès des services de police, j’ai moi-même sensibilisé les services de justice et JCDecaux a renforcé sa présence sur le terrain pour ramasser les vélos volés le plus rapidement possible. Depuis que ce système est en place, il y a eu beaucoup moins d’arrachages et de vols de Vélib’. La police a aussi été plus présente et doit continuer à l’être. Notamment avec les policiers en vélo qui peuvent se déplacer très vite.

Côté sanction, vous souhaitez que les auteurs de dégradations fassent des heures de Travaux d’Intérêt Général chez JCDecaux. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

Ce type de détériorations est un vrai problème. Avant ces récents événements, j’avais en effet élaboré un plan de prévention de la récidive au niveau parisien, comprenant des travaux d’intérêt général (TIG) dans le cadre de dégradations de Vélib’. La municipalité accueille déjà au sein de ses services (dégraffitage, espaces verts, etc.) 350 personnes condamnées à des TIG et cela fonctionne très bien.

La société Decaux, s’est montrée extrêmement enthousiaste sur ce projet. Au delà de l’indemnisation financière, je pense qu’aller gonfler des pneus tous les samedis après-midi, ou faire 20h de TIG dans l’atelier de réparation des Vélib’, cela a un sens éducatif. Il est important qu’il y ait une sanction qui serve la collectivité lors de dégradations du mobilier urbain. Le projet pourrait être mis en place dès la rentrée.

À lire sur le même sujet : Les Vélib’ vandalisés ? Un mystère en roue libre.

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