lundi 20 novembre 2017| 27 riverains
 

Autolib' un dossier controversé dans le 18e

Les voitures électriques Autolib’ seront fabriquées par le groupe Bolloré.

Autolib’, le service de location libre-service de voitures électrique calqué sur le modèle de Vélib’, sera opérationnel fin 2011, dans le 18e arrondissement de Paris (260 véhicules) et dans 46 communes d’Ile-de-France (6000 voitures au total). Financement, intérêt écologique ou pas : le dossier suscite déjà la controverse.

Des voitures en libre service dans le 18e arrondissement de Paris, c’est pour bientôt ! Les premières stations Autolib’ sont en travaux rue du Poteau, boulevard de Clichy et rue Ordener, depuis le 16 août 2011. C’est le coup d’envoi d’un nouveau service de mobilité mis en place par la mairie de Paris. Quarante-six stations sont prévues dans le 18e, pour 260 voitures électriques de petite dimension, disponibles 24h/24h, sur abonnement ou au coup par coup. Le système sera opérationnel début 2012.

À la différence de l’autopartage, les utilisateurs d’Autolib’ ne seront pas contraints de ramener le véhicule à la station d’emprunt. Faire une petite course, un aller simple, rentrer chez soi le soir, Autolib’ a été pensé sur le modèle du Vélib’. Et la municipalité en espère le même succès. « Quarante-six communes d’Ile-de-France et 6000 véhicules sont concernées, explique Dominique Lamy, adjoint au maire du 18e, chargé des transports. Acquérir un véhicule à temps partiel permet d’éviter aux Franciliens d’acheter une voiture quand ils n’en ont pas forcément les moyens. »

Créations d’emplois

« Ce nouveau service constitue une amélioration de l’offre de transport pour les Parisiens et les Franciliens, a souligné Ian Brossat, élu PC du 18e et conseiller de Paris. Si la politique du "tout voiture" qui régnait auparavant est bel et bien révolue, il nous faut prendre en considération la diversité des besoins des Parisiens en matière de transport. Quatre millions d’usagers sont potentiellement concernés. C’est un vrai progrès. » Et Ian Brossat de souligner aussi le nombre d’emplois « créés à tous les niveaux, par ce projet ».

Mais les élus ne sont pas tous du même avis. Le dispositif a suscité un débat animé lors du conseil d’arrondissement du 14 juin 2011. À droite comme à gauche les critiques fusent et le doute affleure. Pierre-Yves Bournazel, président du groupe UMP dans le 18e arrondissement, souligne l’absence « d’étude d’impact précise et sérieuse », notamment en terme de fluidité de circulation. L’élu de l’opposition s’interroge : « A-t-on demandé aux Parisiens s’ils allaient abandonner leurs voitures. S’il y a plus de voitures dans la ville, quel est l’intérêt ? »

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Une station Autolib’.

Un scepticisme partagé au sein même de la majorité municipale. « Il y a le risque que les gens prennent plus souvent la voiture, au détriment d’autres modes de transport, s’inquiète Sylvain Garel, élu Europe Ecologie-Les Verts. Cela peut représenter une incitation. Mais peut-être que nos craintes ne se réaliseront pas. » Autolib’ est un un pari. Un test à grande échelle. Et Paris fait office de laboratoire. C’est la première ville d’une telle ampleur à mettre en place ce type de dispositif.

Via une délégation de service public sur 12 ans, c’est le groupe Bolloré qui sera chargé de piloter le projet et d’en assumer le coût. Le concessionnaire a investi 200 millions d’euros dans l’affaire. Il souhaite que les communes participent à hauteur de 50000 euros par station. En contrepartie, les collectivités locales recevront 750 euros de redevance annuelle par places. Résultat, la ville de Paris devra investir 25 millions d’euros et, au terme des douze ans du contrat, récupérera un peu moins de 17 millions d’euros.

Opération rentable ?

Une étude du Centre d’analyse stratégique dresse une comparaison avec la ville de la Rochelle, où l’équivalent d’Autolib existe depuis plus de dix ans. D’après les calculs effectués, pour être rentable, le dispositif a besoin de 200 000 abonnements mensuels et « une utilisation payante au moins sept heures par jour toute l’années ». Un taux d’utilisation que l’étude qualifie de « très optimiste ». En comparaison, Velib compte actuellement 160000 abonnements.

Si le taux d’abonnement n’est pas atteint, c’est le groupe Bolloré qui supportera le risque financier. Mais un risque mesuré, estime Sylvain Garel : « Rien n’empêche Bolloré de demander à revoir les recettes sous peine de se retirer de l’affaire, comme l’avait fait JC Decaux face à l’augmentaton du coût de Velib, trois ans après son lancement. » Dans ce cas, le coût retomberait sur les utilisateurs, ou bien, sur le syndicat mixte qui rassemble la ville de paris et les 46 communes limitrophes inscrites dans le projet.

Ecologique ou pas ?

Vandalisme et réapprovisionnement des stations vides sont autant de coûts supplémentaires non pris en compte, soulignent encore les sceptiques. « Le jour où il y aura des “rodéo” avec des Autolib’ dans les cités, comme cela n’a pas manqué avec les Vélib’, l’addition va être salée », prévient l’élu écolo. Sylvain Garel aurait préféré une autre solution : la mise en en place de taxis, « moins cher, plus fiables et plus nombreux ».

Car l’argument “vert” de la voiture électrique ne le convainc pas plus. « À l’autre bout de la prise électrique, il y a les centrales nucléaires qui produisent 80% de notre électricité. » Et l’élu de conclure « Autolib’ n’est pas une demande qui émane des Parisiens, ce n’est pas une priorité pour eux. » Le dispositif entrera en fonction en octobre 2011 pour la phase de test, puis définitivement en décembre. Sur fond de crise économique un tel pari semble risqué.

Tarifs envisagés :

- Abonnement mensuel à 15 euros

- Prix moyen de location : 5 euros la 1/2heures.

La liste des stations Autolib’ dans le 18e arrondissement (source mairie de Paris).

- 48, rue Henri Huchard

- 72, avenue de Saint-Ouen (R)

- 20, avenue de Saint-Ouen (R)

- 40, rue du Poteau

- 70, boulevard de Clichy (R)

- 13, rue Josephe de Maistre

- 10, rue Danrémont (R)

- 23, rue Caulaincourt

- 71, rue Caulaincourt (R)

- 19, rue Carpeaux

- 188, rue Championnet (R)

- 101, rue du Poteau (R)

- 47, rue de l’Evangile

- 120, rue Ordener

- 129, rue Championnet

- face au 62, rue Ramey (R)

- 113, rue Duhesme (R)

- 65, rue Ordener (R)

- 18, rue Becquerel

- 2, rue Ravignan (R)

- 35, rue d’Orsel

- 17, rue de Clignancourt

- 45, rue Custine

- 40, rue des Poissonners

- face 12, rue Jean-François Lépine

- 20, place de la Chapelle (R)

- 19, rue Jacques Kablé (R)

- 1, rue Ordener (R)

- 1, rue Boucry

- 35, rue Boucry (R)

- 29, rue Doudeauville

- 17, rue Custine (R)

- 67, rue Letort (R)

- 4, rue Sainte-Isaure

- 15, avenue de la Porte des Poissonniers

- face au 2, rue Ronsard

- 2, boulevard de Clichy

- 137, rue des Poissonniers

- 70, rue Danrémont

- face au 1, rue Henri Brisson

- 14, rue Cavallotti

- face au 11, rue Tristan Tzara (R)

- 8, rue Francoeur (R)

- 1, rue Gaston Darboux (R)

- 75, rue de la Chapelle

- 56 bis, boulevard Ney

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