jeudi 30 mars 2017| 35 riverains
 

La propreté, un des dossiers majeurs de la mairie en 2015

Préoccupations majeure des Parisiens, la propreté est une priorité de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Dans le 18e arrondissement, le sujet fait l’objet d’un portefeuille à part entière. Rencontre avec Gilles Ménède, l’adjoint en charge de ce dossier à la mairie.

Diagnostic

« Nous avons beaucoup de progrès à faire en matière de propreté dans l’arrondissement. » Gilles Ménède en convient volontiers : l’arrondissement est sale. « Mais le 18e n’est pas seul dans ce cas. Beaucoup d’élus font ce même constat », nuance-t-il dans la foulée. Est-ce la faute des services de la Ville qui ne feraient pas assez bien leur travail ? Des habitants, mal élevés ? « Le sentiment est largement partagé que les usagers salissent plus vite que c’est nettoyé. » Un diagnostic révélateur, selon l’élu, du problème principal dont souffre l’arrondissement : « le non respect de l’espace public ». Deux fléaux sont dans le viseur de l’adjoint : les dépôts sauvages d’encombrants et les épanchements d’urines. « La propreté est une priorité de la mandature. Nous allons essayer de faire plus et mieux, en innovant et en mettant le paquet sur un certain nombre de moyens », annonce l’élu.

Moyens humains

« En théorie, rappelle Gilles Ménède, toutes les rues de l’arrondissement sont balayées quotidiennement et un lavage est réalisé au moins une fois par semaine. » Jusqu’à trois fois dans certaines rues si nécessaire. Mais en pratique, l’élu se bat « au quotidien », pour que ce rythme soit tenu et que des ajustements puissent intervenir en fonction des (nombreux) signalements des riverains et des moyens disponibles. En cause, selon lui, les opérations de nettoyage menées régulièrement portes de la Chapelle et de Clignancourt, en particulier « sur les campements de migrants » et boulevard de La Chapelle. « Ces opérations obligent les services de la propreté à se réorganiser en permanence, poursuit Gilles Ménède. Les agents ne peuvent donc pas assumer leurs tâches habituelles. »

Ne faut-il pas, alors, affecter davantage de moyens dans l’arrondissement ? « Nous essaierons d’obtenir le maximum, en fonction des moyens supplémentaires affectés au plan parisien et en argumentant sur les spécificités du 18e, notamment touristiques », répond l’élu. Autre point : les critiques récurrentes qui parviennent à ses oreilles (et sur sa boîte mail) concernant le professionnalisme des agents. « Nous sommes attentifs à ce que le travail soit effectué consciencieusement. Ce sont des missions difficiles. les agents sont dehors par tous les temps, avec des horaires décalés. »

Moyens matériels

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Consultant informatique et adjoint au maire du 18e, chargé de la propreté, Gilles Ménède, 43 ans, est né dans le 18e. Il est adhérent PS depuis 1998.

« Nous avons besoin de nouveaux matériels pour fluidifier les services, même si l’on s’arrange au mieux, par exemple par des prêts momentanés entre arrondissements », explique Gilles Ménède. De premiers achats de souffleuses et d’engins électriques pour nettoyer les trottoirs ont été effectués au plan parisien à la fin de l’année dernière. L’adjoint à la propreté du 18e espère surtout sur des laveuses supplémentaires. Écologiques, si possible. Pour cela, il faudra attendre encore. « Les laveuses électriques n’existent pas encore sur le marché. Mais la recherche avance. » L’élu rappelle au passage que les bennes de collecte des ordures ménagères roulent à 75% au gaz naturel et qu’une benne électrique va prochainement être expérimentée dans le 18e (quatre au total sur Paris). « Nous devons nous assurer que leur autonomie est suffisante pour effectuer les deux tours de collecte quotidiens. »

Côté encombrants, l’élu souligne d’abord la progression de la déclaration des encombrants avec prise de rendez-vous*. « Près de 60% des encombrants font l’objet d’une déclaration, précise-t-il. Ce n’est pas encore suffisant mais cela permet de gérer les tournées de ramassage de façon plus cohérente. » Un dispositif complété par l’application mobile « Dans ma rue », qui permet aux passants et riverains de faire remonter des dysfonctionnements (dépôts sauvages, par exemple).

Gilles Ménède affirme par ailleurs l’objectif de passer de deux déchetteries actuellement dans l’arrondissement (17, avenue de la porte de la Chapelle et boulevard de la Chapelle, face au 2, square Jessaint) à quatre, et de développer les ressourceries et recycleries telles que l’association Interloque. « L’idée est de multiplier les points de collecte de proximité », résume l’élu. Des déchetteries fixes, mais aussi mobiles, à l’image de l’expérimentation en cours dans le 17e arrondissement, où une benne temporaire est installée deux samedis par mois, au 170 rue Cardinet. À terme, dix déchetteries mobiles de ce type devraient être déployées dans la capitale. « Le 18e prendra pleinement sa part dans ce dispositif », souligne Gilles Ménède.

Deux cent sanisettes supplémentaires sont attendues dans Paris, dont une vingtaine dans le 18e. « Une réflexion est en cours sur les modèles, précise l’adjoint. Les sanisettes actuelles ont des défauts : elles ne peuvent servir qu’à une seule personne à la fois, et le temps entre deux usages est long. » L’élu souligne que la poignée d’urinoirs mobiles installée dans l’arrondissement (Goutte d’or, jardins d’Eole) est très utilisée. « Il faut aussi que ce soit accepté socialement, note-t-il. Quand 50 personnes me réclament plus de sanisettes, dans le même temps, 50 autres demandent qu’on les enlève. »

Enfin, 20 000 corbeilles de rue avec éteignoir sont annoncées dans la capitale cette année. « Dans le 18e, nous en sommes à un déploiement de 70%. ll sera achevé d’ici la fin du premier semestre ». Il sera accompagné d’une nouvelle campagne parisienne d’information et de verbalisation sur les mégots.

Verbalisation

Quid de l’augmentation de l’amende pour manquement aux règles d’hygiène - plafonnée à 35 euros depuis 2009 - annoncée par la maire de Paris, Anne Hidalgo ? « C’est au gouvernement de décider de cette augmentation, rappelle Gilles Ménède. C’est en bonne voie ». Elle pourrait quasiment doubler dans un premier temps, pour atteindre 68 euros. « Quand elle a été portée à 183 euros avant 2008, il y a eu vrai un changement des comportements, notamment concernant le ramassage des déjections canines. » La maire de Paris a également annoncé la mise en place d’une « brigade verte » pour lutter contre l’insalubrité et les incivilités. L’élu du 18e espère « un renfort assez conséquent » de cette brigade dans l’arrondissement.

Nettoyage participatif

L’opération de nettoyage collectif organisée le 15 novembre 2014 dans le quartier La Chapelle « a bien marché », selon Gilles Ménède. Durant cette matinée, riverains et membres d’associations de quartier, accompagnés d’élus, ont ramassé 250 kg de détritus. « L’important, c’est le sentiment de reprise en main du quartier, de réappropriation de l’espace public », souligne Gilles Ménède. L’initiative sera reconduite au printemps. Pour l’adjoint du maire Éric Lejoindre, sa mandature sera réussie s’il parvient à « faire changer un peu les mentalités et les comportements ».

*en ligne sur encombrants.paris.fr, ou en appelant le centre d’appels 39 75

Quelques chiffres
Le 18e, c’est : 542 km2 de trottoirs ; 1019 km2 de chaussées ; 175 km de caniveaux.
400 : c’est le nombre d’agents de la propreté dans le 18e.
2000 : c’est le nombre de PV pour incivilités (dépôts d’encombrants, épanchements d’urine, déjections canines, présentation irrégulière à la collecte...) établis dans le 18e en 2013. La moitié des PV concernait les épanchements d’urine.

Où ça se passe:

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1 commentaire
  • La propreté, un des dossiers majeurs de la mairie en 2015 4 février 2015 17:49, par C. N. KARAKITSOO

    J’ai bien constaté une amélioration ! Le sens civic (civil) est inexistant ! Les amendes ne font pas peur ! Les travaux sont devenu tres cher ! On emploie de gens (au black) certains viens de d’ailleurs pour débarrasser leur camions, personnellement vue ! Les coiffeurs immigrées n’ont pas de licences ni le hygiène, des trainées de cheveux naturel ou synthétiques trainent sur le trottoir entre Simart et Ordener (maints fois signalé) Que faire ? Pourquoi pas des banderole "Montmartre Propre" Le plus part d’immigrés regardent la TV dans leur propre langue, Il faut une enseignement populaire. Dans les écoles il faudrait des années d’enseignement au moins que les élèves ont passé le "refus" de l’adolescence pour mettre en pratique l’enseignement.

    Ancienne responsable "propreté" J. Joffrin/Clingnancourt et Conseil de Quartier

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