mercredi 28 juin 2017| 14 riverains
 

Derrière les grilles du Jardin Saint-Vincent

A côté de ses vignes, la Butte Montmartre abrite le jardin sauvage de la rue Saint Vincent, dans le 18e arrondissement de Paris. Lieu préservé de biodiversité, il n’est accessible qu’en présence d’un conférencier, quelques dates durant la belle saison. Reportage.

Une vingtaine de personnes attendent devant les grilles du jardin sauvage Saint Vincent, derrière le Sacré Coeur, dans le 18e arrondissement de Paris. Il est 14h35, mercredi 27 juillet 2011. La visite est censée avoir débuté depuis cinq minutes et l’impatience se fait sentir. « Quand j’ai voulu visiter la promenade plantée, le conférencier n’est jamais venu », soupire anxieusement une femme d’une cinquantaine d’année.

Finalement, l’intervenant botaniste, Paul-Robert Takacs, arrive. Mais sans les clés du jardin. Il ne les a pas trouvées en partant de chez lui. Il faut qu’une autre femme l’oriente vers un jardinier de la vigne adjacente pour que le petit groupe réussisse enfin à s’engouffrer dans le jardin sauvage.

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Une maison à papillons a été installée près des orties, nourriture des lépidoptères

A l’intérieur, marronniers, micocouliers, lierres, géraniums, orties, papillons, coccinelles, crapauds accoucheurs et même parfois des chouettes hulottes peuplent les 1480 m2 du jardin Saint-Vincent. Ce dernier n’est accessible au public qu’une à deux fois par mois, du 1er avril au 31 octobre, en présence d’un conférencier. « Pour préserver le lieu », explique Paul-Robert Takacs.

Une friche devenue réserve de biodiversité

Après avoir été le parc d’une des plus anciennes maison de la butte, il est devenu une friche en 1985. C’est maintenant un « espace vert écologique » protégé. Et plutôt réservé aux connaisseurs. Les explications sont assez techniques. L’assistance suit pourtant sans trop de difficultés. Beaucoup n’hésitent pas à poser des questions précises sur telle ou telle essence d’arbre.

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Les participants observent les traces laissées par la mineuse du marronnier

« Prenez une feuille de marronnier au sol et dirigez-la vers la lumière, que voyez-vous par transparence ? ». « Des taches », répondent les visiteurs au conférencier qui n’a pas le temps d’en dire plus qu’un homme enchaîne : « C’est la mineuse du marronnier ». La mineuse est le nom du papillon dont la larve s’installe entre les deux épidermes de la feuille de marronnier. « Elle fait des dégâts en Europe occidentale, explique Paul-Robert Takacs. Car contrairement aux Balkans, d’où sont originaires les marronniers, il n’y a pas ici de prédateur à la mineuse. »

La visite s’achève au bout de trois quarts d’heure. Nadine, passionnée de botanique, est venue spécialement de Bruxelles pour voir le jardin. Elle est satisfaite : « C’est bien de faire prendre conscience aux gens qu’il n’y a pas de mauvaises herbes. » Transformées en purin, les orties servent d’herbicide, de pesticide ou d’engrais. Une chose parmi d’autres à découvrir dans ce lieu surprenant. « Vous avez vu un jardin avec une biodiversité banale mais nécessaire », conclut le conférencier.

Prochaines visites : le 21 août 2011 à 10h30 et le 24 août 2011 à 14h30
Pour tout renseignement : 01 71 28 50 56 ou sur cette page Internet

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