mercredi 28 juin 2017| 15 riverains
 

5 760 tonnes d'encombrants ramassées dans le 18e en 2009

JPEG - 73.1 ko
Les canapés posés sur le trottoirs finissent irrémédiablement broyés

L’équivalent de 175 poids-lourds. Canapés éventrés, sommiers aux lattes cassées ou éviers brisés déposés dans les rues du 18e arrondissement de Paris, découvrez le travail des agents de la Propreté de Paris chargés de leur ramassage. Reportage. [Article mis à jour le 25 février 2010].

Étonnant, non ? Les encombrants ne disparaissent pas comme par enchantement. Chaque jour, ils sont collectés par l’un des 354 agents qui travaillent pour la Direction de la propreté et de l’eau. En 2009, 5 760 tonnes d’encombrants on ainsi été ramassés, pour moitié du dépôt sauvage, pour l’autre du dépôt « légal », c’est-à-dire que les particuliers préviennent via le 3975 ou le site encombrants.paris.fr.

JPEG - 42.8 ko
Vue dans la caméra de contrôle de la broyeuse

Lundi matin, 7h00. C’est l’heure de la tournée de la broyeuse, comme on l’appelle. Une belle bête : plus de trois mètres au garrot, pour un volume de 16 m³, toute de verte vêtue et tatouée "PP" - "Propreté de Paris" - sur les flancs. De quoi faire des jaloux dans la catégorie poids-lourd. La broyeuse circule les lundis et mardis matins sur les grands axes du 18ᵉ arrondissement et récupère en priorité les encombrants déposés illégalement sur les trottoirs. À bord, le conducteur, Patrice, et deux "ripeurs", Jean-Philippe et Laurent. D’ordinaire, les deux ripeurs travaillent dans d’autres services : aux balais, ou à la conduite d’engins. Pour varier, ils embarquent régulièrement dans la broyeuse à la chasse aux encombrants.

Canapés, portes, éviers, sommiers, les ripeurs de la broyeuse récupèrent quasiment tout ce qui traîne. « Tout, sauf les appareils électro-ménagers, les gravats et les cartons. Ce sont d’autres collègues qui les ramassent. Ça nous permet de faire un premier tri », précise Laurent. Un deuxième tri sera ensuite fait. La broyeuse pleine ira déposer son chargement dans un centre spécialisé. « On peut se permettre de tourner aussi longtemps avec la broyeuse, sans polluer, car elle roule au gaz de ville. Son autonomie est d’un jour et demi environ, » précise Patrice.

L’avenir des objets ramassés, vous le connaissez déjà : ils finiront broyés et compressés sur place. « Le véhicule fonctionne avec un vérin hydraulique. Plusieurs tonnes de pression, » souligne Patrice, le chauffeur. Les canapés sont sectionnés en deux comme on coupe une plaquette de beurre mou, l’évier est, lui, pétri aussi facilement que de la pâte à modeler.

8h30. Dans la broyeuse, entre deux descentes, on écoute les infos. Sujet principal du jour : la réforme des retraites. Après un premier « sans commentaires », les langues se délient. Tous sont contre travailler plus, mais ne se font guère d’illusions. « C’est mal barré » lance Jean-Philippe, 33 ans. Avec un salaire de 1500 euros, il s’attend à une retraite de 1100 euros par mois. C’est moins que la moyenne nationale, à 1288 euros. « Et puis, on est dehors tout le temps. Qu’il fasse beau, qu’il pleuve, dans la pollution, à manipuler des objets qui peuvent être lourds ». Pas question de se plaindre, mais il faut être réaliste. « Pour accéder à la cabine de la broyeuse, les marches sont hautes. À 35 ans, c’est faisable. Passés 55 ans, ça se complique... »

JPEG - 24.6 ko
En moyenne, 4 jumpers d’encombrants sont récupérés chaque jour rien que dans le 18e

« Le 18e, c’est crade »
09h30. Vingt minutes de pause et un premier bilan : trois canapés, deux éviers, des tiroirs de commode, des bouts de bois, deux commodes, une porte, un sommier et deux matelas ramassés. La conclusion vient d’elle même pour Laurent : « le 18e, c’est crade. Les gens sont sales. Ils nous voient passer tous les jours, se disent que de toute façon, ce sera ramassé - c’est le cas -, alors ils jettent. »

Voilà pour le dépôt sauvage. Heureusement, dans l’arrondissement, il n’y a pas que çà. « De plus en plus de gens prennent le réflexe de nous contacter », via le 3975 ou le site internet de la mairie de Paris, confirme-t-on au centre opérationnel du 18ᵉ. L’opération est simplissime : un coup de fil ou un clic pour préciser la nature de l’encombrant, le jour et l’horaire de dépôt souhaité, et c’est tout. Le prix ? C’est gratuit. Plus besoin de se déplacer à la déchèterie.

10h00. Changement de groupe. On embarque avec Raymond et Pascal à bord d’un « jumper ». Muni de la liste des encombrants déposés ce jour et des adresses de leurs emplacements, ils vont vérifier chacune d’entre elles et tout empiler à l’arrière. Ici, pas question de broyer, mais de trier avant de les déposer à la déchèterie, Porte de La Chapelle. « Avec des extras. Bien sûr que si ont tombe sur un dépôt sauvage on s’arrête et on le ramasse, » précise Raymond. Gravats, électroménagers, meubles en tout genre, fenêtres, carcasses de vélo et parfois de moto, il y a de tout.

Raymond et Pascal circulent depuis 7h00 ce matin dans l’arrondissement. À 10h00, le jumper est déjà bien chargé. Chaque jour, l’équipe du matin et de l’après-midi le remplisse en moyenne quatre fois ; près de 15 m³ de déchets en tout genre.

11h15. Direction la déchèterie, sous l’immense et bruyant échangeur de la Porte de La Chapelle. Le jumper est vidé, son contenu trié : les électroménagers d’un côté, la ferraille d’un autre. Un conteneur réservé aux gravats, et un autre au « tout-venant » pour les canapés et les matelas, notamment.

12h00. La journée se termine pour les équipes du matin. Celles de l’après-midi prendront bientôt le relais, avec les mêmes missions, passant bien souvent aux même endroits... avec de nouveaux encombrants déjà déposés. Un éternel recommencement.

Amendes
Ne vous fiez pas à ce que vous pouvez lire sur les camions. L’amende pour dépôt sauvage a été revue à la baisse, passant de 183 à 35 €. À condition, d’être pris : 1. en flagrant délit ; 2. de ne pas avoir le temps de se réfugier dans son immeuble. Les inspecteurs Insalubrité, bien qu’assermentés, non pas le droit de pénétrer dans une propriété privée. « L’amende n’est pas dissuasive, râle-t-on au centre opérationnel. Il y a des entreprises qui déposent des déchets, des gravats notamment : ça leur coûte moins cher que de faire appel à une entreprise privée. »

> Consultez la carte Google du reportage ici

Ramassage des encombrants
Via le 3975 ou le site internet encombrants.paris.fr
Dépôt entre 6h et 8h, ainsi qu’entre 12 et 14h, à l’endroit signalé.
Service gratuit

Déchèterie porte de La Chapelle
17 avenue de la porte de La Chapelle - 75018 Paris (sous l’échangeur)
01 40 37 15 90
Ouverte tous les jours de 9h30 à 19h00 (sauf 25 décembre, 1er janvier et 1er mai).

Cliquez sur les photos pour lancer le diaporama.

Portfolio

La broyeuse Au volant, Patrice, 46 ans Une porte est ramassée par Laurent La broyeuse, vu de l'intérieur Déchargement du jumper à la décheterie sous l'échangeur porte de La (...)

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:

3 commentaires
  • J’ai déjà eu l’occasion d’utiliser à plusieurs reprises le service de ramassage des encombrants en passant par le site de la mairie de Paris. Je trouve le dispositif super bien fait. Et surtout, cela évite de joncher les trottoirs de trucs monstrueux. Car c’est vrai, les rues du 18e font office souvent de vraie déchetterie ! On slalome entre les canapés éventrés et les crottes de chien. C’est vraiment écoeurant !

    Juste une chose, si des représentants de la mairie lisent mon post : l’accès au service sur le site Internet de la mairie mériterait d’être mieux mis en avant... Il faut un peu chercher.

    Répondre

    • JETER OU RECYCLER, L’EMBARRAS DU CHOIX 1er mars 2010 03:10, par macadamette

      En effet, le site des encombrants de la Mairie est d’accès rapide et je l’utilise souvent pour faire venir les mini pickups verts dans notre rue souvent envahie par des dépôts sauvages... Voici le lien ci-dessous.

      Bon débarras !

      P.S. : N’oubliez pas que vous pouvez aussi apporter des vieux objets rue de Trétaigne, où ils seront recyclés - parfois en remarquables objets d’artistes !

      Voir en ligne : http://www.paris.fr/portail/Environ...

      Répondre

  • 2 sapins 1m80

    Répondre


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes