vendredi 15 décembre 2017| 20 riverains
 

Quand la musique n'adoucit pas forcément les mœurs

Photo © Nicolas Grandi

Septième édition du festival On n’arrête pas le théâtre, crée par la Compagnie Estrarre, en compagnonnage avec L’étoile du Nord Théâtre, dans le 18e arrondissement de Paris, depuis 2006. Cette année, pour l’occasion, la compagnie nous plonge dans l’univers de Victor Hugo avec Angelo tyran de Padoue.

On connait bien souvent les trios amoureux mais, à travers ce texte, représenté pour la première fois au Théâtre Français en 1835, Victor Hugo nous a laissé un quatuor. Dans l’Italie ancienne, Angelo règne sur Padoue et sème la terreur. Malgré son mariage avec Catarina Bragidini qu’il maintient captive dans sa propriété, il a une maîtresse, la chanteuse Tisbe dont il est amoureux.

Certain de son emprise sur les deux femmes, il ignore que sa maîtresse est éprise d’un autre, Rodolpho, avec qui elle croit partager une passion réciproque. En vérité, Rodolpho fait semblant d’aimer Tisbe (avec qui il feint un rapport fraternel pour ne pas éveiller les soupçons du tyran), afin de retrouver Catarina. C’est au péril de leur vie que tout deux partagent un seul et unique amour. Un drame à la Hugo. Des vérités universelles qui se délirons au grand jour de façon brutale et passionnée.

Pièce intemporelle

Le metteur en scène Julien Kosellec met en avant ces vérités à travers une ambiance de Music Hall. Les comédiens vont, viennent et se rencontrent autour d’un piano et les vers hugoliens aux rythmes parfaits se mêlent aux plus belles chansons d’amour de notre siècle dernier. Un pari osé mais réalisé avec succès rappelant le caractère atemporel des problématiques de la pièce.

Le public est réceptif. Il reconnaît les chansons de Lionel Richie, James Brown, Diana Ross, The Pointer Sister, Neneh Cherry ou encore Julien Clerc, qui font écho avec une clarté improbable à la prose. Les comédiens se livrent à nous avec sincérité, clament et chantent avec leur tripes. Nous rions, nous pleurons parfois, tout comme les personnages auxquels nous nous attachons.

Vengeance ou rivalité

Les héros ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Dans cette pièce, les héros sont des héroïnes, masquées par la violence des hommes. La faiblesse des femmes, empêchées par leurs emprises physiques sont souvent condamnée par ceux-ci pour avoir commis les mêmes actes qu’eux. Les femmes ici représentées doivent s’unir au nom de valeurs bien plus hautes que la vengeance ou la rivalité pour se faire entendre.

Catarina et Tisbe, ici, l’aimée et la trompée n’ont d’autre choix que d’unir leurs forces au nom de l’amour et de l’empathie, quitte à renoncer à leurs propres existences. Cette problématique ne prendrait-elle pas encore tout son sens dans notre société actuelle ? C’est une pièce à voir. Si vous pensez que des auteurs comme Victor Hugo sont devenus obsolètes et poussiéreux d’autant plus. Les applaudissements du public conquis montre bien, une fois de plus, que les grands classiques n’ont pas pris une ride.

Angelo tyran de Padoue
Du 27 juin au 14 juillet 2013
Du jeudi au samedi à 20h45 et le dimanche à 15h
Etoile du Nord Théâtre - 16 rue Georgette Agutte - 75018
Tout public - Entrée 9 - 15 euros

Jusqu’au 14 juillet 2013, le festival On n’arrête pas le théâtre, présente d’autres pièces.
N’hésitez pas à vous renseigner :
Renseignements et réservations 01 42 26 47 47 ou par mail ici

Où ça se passe:

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1 commentaire
  • Très belle pièce. Les acteurs sont excellents, ainsi que la mise en scène mêlant théâtre et musique.

    Nous vivons la pièce en même temps que les acteurs, que ce soit dans les moments de joie, de colère, de pleurs.

    Le pianiste a un rôle important puisque la musique est également au coeur de cette pièce, ce qui est à la fois original et magique.

    Je vous recommande vivement d’aller la voir, au plus vite !

    Vous ne serez absolument pas déçus.

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