vendredi 28 avril 2017| 30 riverains
 

Le Set de la Butte, éclectique et convivial

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Proche des artistes, le public n’en perd pas une miette.

L’entrée du 7 rue Pierre Picard ne paye pas de mine, mais, passé le seuil, c’est tout le contraire. La lourde porte métallique ouvre sur un petit couloir qui débouche sur une salle de spectacle soigneusement décorée. À l’intérieur, la cinquantaine de spectateurs a les yeux fixés sur la scène. Tentures rouges sur les murs, lumières intimistes, Livane est sur les planches.

À la fois comédienne et chanteuse, la jeune femme incarne parfaitement la ligne artistique défendue par le maître des lieux, Antoine Chain, un comédien d’une trentaine d’années : « J’invite des artistes emblématiques de la nouvelle scène engagée. Les filles et les fils spirituels de Pauline Crozes, Alain Bashung ou Noir Désir. Tous, auteurs, interprètes, aux textes intelligents, portés par des musiques originales, capables de mettre en scène leur spectacle. » Un « esprit cabaret » qu’il entend développer au fil d’une programmation éclectique : ouvert en janvier 2007, le Set de la Butte a proposé, gratuitement, les trois premiers mois, des contes pour enfants en lien avec les associations du quartier. Depuis, théâtre, concerts, du jazz manouche au hip hop, ont étoffé l’offre artistique. « Je n’aime pas segmenter la culture, c’est un ensemble de pratiques imbriquées les unes dans les autres, souligne Antoine Chain. Avec mes associés, j’essaye de rendre compte au mieux de cette diversité. »

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Antoine Chain, son créateur, prône la diversité musicale et théatrale de la petite salle.

L’acteur a découvert le 7 rue Pierre Picard par hasard : « C’était en 2004, au cours d’une fête de fin de tournage. Je suis tombé raide dingue de cette salle, alors louée pour des réceptions privées. » Depuis le Café de La Gare, dont il fut pensionnaire de 1996 à 1999, Chain n’a qu’une idée en tête : gérer sa propre salle de spectacle. « J’ai fini par convaincre le propriétaire de me laisser les clés deux ou trois jours par semaine pour accueillir des spectacles. Il m’a fait confiance. » L’adresse n’est pas inconnue des mélomanes. Dans les années cinquante jusqu’à la fin des années soixante-dix, le luthier Jacques Favino y a tenu un atelier réputé, dont l’entrée était située au 9 rue de Clignancourt : Georges Brassens, Léo Ferré ou Maxime le Forestier tapaient le carton dans la cour en attendant que fût fabriquée ou restaurée la guitare dont ils rêvaient.

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La billetterie, dans l’entrée.

Entre Barbès et le marché Saint Pierre, la moitié du public vient du quartier. Antoine Chain y vit depuis plusieurs années. « J’ai toujours aimé traîner dans le coin. Toutes les cultures y sont mélangées, à l’image de certains quartiers new-yorkais. » À l’écran dans les prochains long-métrages de Lucas Belvaux et Diane Bertrand, Il envisage de proposer un tarif réduit aux habitants du dix-huitième (l’entrée est aujourd’hui comprise entre 8 et 10 euros). Lesquels pourront donc assister à loisir au Festival du Set de la Butte qui devrait être créé à la rentrée de septembre. Au programme, deux spectacles par soir pendant une dizaine de jour, le tout parrainé par Arthur H, dont le père, Jacques Higelin, confiait, lui aussi, sa guitare aux bons soins du luthier dans la cour.

Le Set de la Butte, 7 rue Pierre Picard, 75018 Paris

Renseignements et programmation complète : lesetdelabutte.com

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