mercredi 13 décembre 2017| 17 riverains
 

 Un job d'été, violoncelliste à Montmartre

Jouer du violoncelle dans la rue, à Montmartre, dans le 18ème arrondissement de Paris ? Un job d’été qui exige du talent et des astuces. Rencontre avec deux étudiantes musiciennes.

Un coin ombragé au pied d’une maison décrépie, à quelques pas de la place du Tertre de Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris. Deux tabourets, deux pupitres, une casquette, quelques pièces. Et deux violoncelles que manient avec brio Clémentine et Anne-Lucie. Elles jouent du classique et des morceaux populaires sud-américains. Devant elles, en arc de cercle, une cinquantaine de badauds se sont arrêtés. Surpris et attirés, certains les prennent en photos.

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« Ca remplace le job d’été et c’est agréable ! », dit Anne Lucie, à droite.

« On espère casser l’image négative de la musique classique, en jouant des morceaux populaires, explique Clémentine, étudiante en biologie. On veut leur faire découvrir le violoncelle, se faire plaisir et faire plaisir aux gens. » Et gagner un peu d’argent. « Ça remplace le job d’été et c’est agréable, note Anne-Lucie, étudiante en architecture. Cela rapporte plus qu’une journée en stage dans une agence d’architecture par exemple. » En moyenne, une vingtaine d’euros par heure, à partager en deux.

A condition d’avoir du talent et de l’énergie. « C’est hyper fatigant de jouer non stop, cela demande beaucoup de concentration », dit Clémentine. Il faut aussi être astucieux. « L’endroit est déterminant et l’on passe beaucoup de temps à le trouver, précise Anne-Lucie. Il doit être passager, à l’ombre car les instruments n’aiment pas le soleil, et protégé par un mur derrière nous, pour une bonne qualité de son. » « On fait attention à ce qu’il n’y ait pas un mendiant à proximité, pour ne pas lui faire de concurrence », ajoute Clémentine.

Une bataille musicale
Entre musiciens, également, la compétition est rude. À quelques mètres des violoncellistes, un guitariste accompagné d’un percussionniste viennent de s’installer. « On ne va plus nous entendre ! s’exclame Anne-Lucie. Nous étions là les premières, pas question de céder ! » Les deux diplômées du conservatoire de Clamart entament une bataille… musicale. Qu’elles remportent au bout de dix minutes : le public a choisi, les deux compères partent à la recherche d’un autre coin de rue.

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« On espère casser l’image négative de la musique classique, en jouant des morceaux populaires », Clémentine

Alors que le duo entame le concerto pour deux violoncelles de Vivaldi, la foule doit s’écarter pour laisser passer une voiture de police. Les visages des musiciennes s’assombrissent. « Normalement, il faut une autorisation de la mairie et de la préfecture de police pour jouer sur le trottoir, explique Clémentine, soulagée que les policiers ne prêtent pas attention à leur présence. Nous l’avons demandée au début du mois de juin et nous n’avons pas eu de nouvelles. Alors on fait sans ! »

A l’avenir, les deux amies envisagent d’étoffer leur répertoire commun en y incluant des morceaux connus de la chanson française. Des airs de Georges Brassens ou d’Édith Piaf, pour continuer à faire découvrir le violoncelle aux passants de Montmartre ou d’ailleurs.

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