dimanche 28 mai 2017| 17 riverains
 

Un bon bilan à confirmer pour les Trois Baudets

Julien Bassouls, directeur des Trois Baudets, estime avoir réalisé un bon travail artistique depuis trois ans, même si la situation financière de la salle reste à stabiliser.

Les Trois Baudets nouvelle version viennent de souffler trois bougies. À l’abandon pendant de longues années, la salle de spectacle du 18e arrondissement de Paris, a rouvert en février 2009 avec un audacieux projet : la découverte de jeunes talents pour donner un nouveau souffle à la chanson française. L’occasion pour son directeur, Julien Bassouls, de dresser bilan et perspective.

Au mur, des affiches de concerts. Sur les étagères, des ouvrages consacrés à la musique, à la chanson, à Boris Vian. Un éclectisme qui se retrouve dans les couleurs, les fauteuils dépareillés, et sans doute un peu dans les piles de dossiers qui s’accumulent. Dans son bureau de directeur, où les objets se sont entassés depuis trois ans, Julien Bassouls est dans son élément. Il jette un œil aux alentours. Un collègue passe avec un cadre qui s’est décroché d’une décoration dans le hall d’accueil. « Qu’est-ce que c’est que ce truc bizarre ? », s’exclame le maître des lieux entre deux phrases sur une programmation à venir. Cette question, c’est un peu celle que l’on se pose, lorsque l’on découvre Les Trois Baudets.

Plantée entre Blanche et Pigalle, la salle est devenue un incontournable du 18e arrondissement de Paris. Et en peu de temps. Le lieu tel qu’il existe aujourd’hui a vu le jour il y a trois ans tout juste, en 2009. Une renaissance qui se voulait dans la veine d’avant sa fermeture en 1967 : permettre la découverte de jeunes talents de la chanson française et leur donner une chance d’accéder à des lieux de concerts plus importants. Une renaissance, car l’enseigne, elle, fête cette année son 65ème anniversaire. Fondée en 1947 par Jacques Canetti, elle a connu plusieurs vies, passant des concerts aux spectacles jusqu’à la salle de strip-tease.

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Fondée en 1947 par Jacques Canetti, Les Trois Baudets ont connu plusieurs vies, passant des concerts aux spectacles jusqu’à la salle de strip-tease.

Hara Kiri !

Trois ans après ce nouveau départ, le bilan semble plutôt bon. Certains artistes qui se sont produits aux Trois Baudets sont maintenant connus. Parmi eux, Nicolas Jules, dès 2009. Mais aussi plus récemment des groupes comme les Sea Girls ou Maissiat. Et si la salle n’est pas comble tous les soirs, on compte malgré tout 135 spectateurs en moyenne, pour une jauge de 250 places. « Ou plutôt 170 », si l’on enlève les sièges derrière un pilier, une rambarde ou sur le côté qui trouvent difficilement acquéreurs. « Le bilan, il est excellent, sauf sur un point, résume Julien Bassouls. Financièrement, c’est beaucoup plus difficile que je ne le pensais. »

Car Les Trois Baudets ne roulent pas sur l’or. Ambition artistique et gestion budgétaire ne se conjuguent pas toujours très bien. Une affaire de contexte avant tout, selon le directeur. « Tout devient gratuit, déplore-t-il. On est en train de se faire hara-kiri ! » La diffusion culturelle n’est plus l’apanage de professionnels et les concerts gratuits se multiplient, organisés par des bars, des collectivités. Des acteurs qui entrent directement en concurrence avec des salles de spectacle payantes. « La question de la gratuité reste au cœur de nos préoccupations, explique Julien Bassouls. Doit-on privilégier le remplissage de la salle par la gratuité, ou imposer le payant pour défendre la profession, quitte à ce qu’il y ait moins de monde ? »

Un quartier particulier

Au-delà des difficultés financières, la salle connaît certaines réussites. Depuis 2009, elle a acquis une reconnaissance en France et à l’étranger, devenant le lieu montant du moment. « En trois ans, on s’est quand même installé dans le paysage, se réjouit le directeur. On a tendance à oublier qu’on a été fermé pendant quarante ans ! » Une histoire particulière qui aide à attirer le public. Même si celui-ci n’est pas forcément du coin. D’après Julien Bassouls, « le boulevard de Clichy n’est pas vraiment Montmartrois, et le quartier est particulier. On voit surtout des personnes de Ménilmontant, du 20e arrondissement, habituées aux concerts ».

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Nicolas Jules est l’un des artistes révélés par Les Trois Baudets

Trois ans, c’est l’âge du bilan, mais aussi des perspectives. L’établissement fonctionne en délégation de service public, renouvelée tous les six ans. La première avait été établie en 2006, l’ouverture de la salle étant prévue plus tôt. D’ici novembre 2012, la ville aura décidé si le projet de Julien Bassouls est celui qu’elle souhaite continuer à soutenir, ou si quelqu’un d’autre prend sa place.

D’ici là, le directeur continue de faire vivre l’ambition de la salle, sans avouer d’état d’âme : «  Je ne suis inquiet de rien. Je suis heureux si je peux continuer six ans, sinon je ferai autre chose. » Les problématiques de budget et de fréquentation qui se posaient il y a trois ans ne sont pas complètement réglées : le responsable s’attendait à voir ces questions se stabiliser beaucoup plus tôt. L’enjeu reste donc de taille pour celui qui prendra les rennes pour six prochaines années. Mais pour lui ou pour quelqu’un d’autre, Julien Bassouls en est de toute façon convaincu : « Ce qui reste vraiment fondamental, c’est le projet artistique, et l’énergie qu’on met à le défendre. »

Lire aussi :
- Temple de la chanson française, Les Trois Baudets renaissent à Pigalle
- Les Trois Baudets reviennent au galop

Les Trois Baudets
64, boulevard de Clichy 75018

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