lundi 23 octobre 2017| 18 riverains
 

Les Trois Baudets reviennent <br>au galop

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La jauge de la nouvelle salle est fixée à 250 spectateurs.

Il fallait bien un type de la trempe de Julien Bassouls pour relever le défi : rien de moins que la relance des Trois Baudets, le cabaret mythique de Pigalle, passage obligé des Brel, Brassens, Moustaki, Gainsbourg ou Greco, à la croisée des années 50 et 60.

Bassouls secoue la jeune chanson française depuis une vingtaine d’années. L’association Life, Live in the bar, qu’il préside, lui a permis de lancer et de suivre les carrières de Louise Attaque, Sanseverino et la Grande Sophie, notamment.

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Le 2 rue Coustou en travaux, dans le 18e arrondissement.

L’année dernière, le CV du bonhomme a convaincu la mairie de Paris, maître d’œuvre de la réhabilitation des Trois Baudets, de lui confier les clés de la salle en cours de rénovation, moyennant une délégation de service public signée pour cinq ans. L’ouverture de l’équipement, situé au 2 rue Coustou, est prévue mi-août 2008.« Les travaux n’en finissent pas, soupire Julien Bassouls, qui ne masque pas son impatience de prendre enfin possession des lieux. Mais nous sommes tributaires d’un certain nombre de complications de chantiers. »

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Pour Julien Bassouls, directeur des Trois Baudets, le spectacle vivant a de beaux jours devant lui.

En attendant, cette cheville ouvrière du spectacle vivant a su s’entourer. Pour mener à bien son projet, il s’est associé à Denis Gérardy, producteur d’artistes francophones et co-programmateur des Francofolies de Spa, en Belgique, et de Stefff Gotkovski, musicien, romancier et directeur artistique d’une agence parisienne d’événementiel. Créée pour l’occasion, la société Rafu emploie actuellement quatre salariés. Leur nombre sera porté à quatorze quand la salle tournera à plein régime.

Digne héritière des Trois Baudets d’antan, la programmation sera centrée sur la diffusion des jeunes talents nationaux et internationaux. Un vivier inépuisable exploré jour après jour par Julien Bassouls : « A Paris, trois mille artistes cherchent où et comment se produire en public dans de bonnes conditions. Les Trois Baudets seront ouverts 300 jours par an. Si l’on s’en tient à la capitale, nous inviterons sur scène 10 % d’entre eux. C’est énorme. »

Au fil des maquettes qui lui sont adressées, l’homme à l’oreille gauche percée d’un petit anneau doré a déjà repéré Mo, « une chanteuse portée par des musiques électroniques », et Piuma, un duo de filles guitare et batterie.

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La façade des Trois Baudets rénovée (image de synthèse).

Ces artistes auront probablement le privilège d’enflammer la future salle dans d’excellentes conditions de travail. Situé en sous-sol, le nouveau temple de la chanson française bénéficiera d’une capacité d’accueil de 250 personnes. « Cent vingt fauteuils et des espaces permettant d’accueillir 70 spectateurs, assis ou debout, précise Julien Bassouls. Un concert s’apprécie aussi en dansant. »

Totalement insonorisés, les Trois Baudets bénéficieront d’équipements derniers cris : lumières, consoles d’enregistrements, etc. À l’issue des concerts, musiciens et spectateurs auront la possibilité de se restaurer dans le bar-restaurant créé au premier étage de l’immeuble.

Le prix d’entrée sera fixé à douze euros, en moyenne. Cinq euros quand il s’agira d’actions à destination du jeune public. Les Trois Baudets seront ouverts sur le 18e arrondissement. La preuve : l’équipement sera associé au Festival des attitudes indépendantes, organisé à la rentrée de septembre dans les salles du 18e.« La jeune chanson française est bien vivante, insiste Julien Bassouls. Il convient de la chouchouter, de l’aider à grandir. La crise du disque n’y changera rien : la musique vivante s’épanouit d’abord sur scène. »

Photos © Cabinet Anthony Béchu architecte (images de synthèse) et Sophie Bassouls.

Un destin contrarié
Le théâtre des Trois Baudets a été créé en 1947 par Jacques Canetti, dans un dancing délabré de la rue Coustou. Salvador, Gainsbourg, Brassens, Brel, Gréco, Anne Sylvestre, Darry Cowl et bien d’autres, ont tous contribué à la renommée du lieu. En 1967, en proie à de sérieuses difficultés financières, Canetti ferme les Trois Baudets. Désormais vouée au culte de la fesse, la salle est d’abord baptisée le Topless, puis l’Erotika. Dans les années 80, le lieu retisse les fils de son passé en accueillant des concerts de la Mano Negra, d’Oasis, ou de la Grande Sophie.

Bertrand Delanoë, le maire de Paris, décide, en 2001, de réhabiliter cette salle légendaire. Le 11 mai 2004, le Conseil de Paris entérine le principe de rénovation des Trois Baudets et décide de confier sa gestion et son exploitation à des professionnels du spectacle vivant. À l’issue d’une consultation lancée en 2005, le Conseil de Paris attribue, deux ans plus tard, cette délégation de service public à la société Rafu, créée pour l’occasion par Julien Bassouls.

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