lundi 27 mars 2017| 26 riverains
 

Le Mila, une pépinière de talents secoue l'industrie musicale

En pleine crise de l’industrie musicale, le MILA, marché indépendant des labels, aide les petites maisons de disques à se développer. Installée dans le 18e arrondissement de Paris, l’association gère des bureaux et d’anciens locaux commerciaux, mis à la disposition des labels. Le Mila co-organise aussi le Festival des Attitudes indépendantes.

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Rue Emile Blémont, une boutique gérée par le Mila.

La rue André Messager, surnommée « rue de la musique », accueille depuis 2003 la pépinière de labels du MILA, le Marché indépendant des labels. C’est une succession de petites boutiques, situées au rez-de-chaussée d’immeubles en brique rouge, à deux pas de la mairie du 18e arrondissement de Paris. Pour revitaliser un quartier populaire en déshérence économique et appuyer la jeune création musicale, le projet a été lancé par Laurence Goldgrab, alors adjointe au maire du 18e, chargée du développement économique et avocate spécialiste des questions de droits d’auteur. Selon Aude Merlet, coordinatrice du Mila depuis 2008, le pari est gagné : « Une centaine de personnes passent tous les jours dans les locaux du MILA. Ils prennent leurs repas dans les restaurants du quartier et fréquentent les commerces. »

Imaginé par des professionnels de la musique et la mairie du 18e arrondissement, le Mila est une association qui regroupe trente structures musicales indépendantes et deux cents artistes. Une soixantaine d’emplois est générée par cette activité. Pour la plupart, tous les styles musicaux sont représentés au Mila. L’association accueille des producteurs et tourneurs d’artistes connus : Mickey 3D, Nouvelle Vague, Babylon Circus… Sans le Mila, la carrière de nombre d’entre eux serait probablement au point mort. Producteurs, tourneurs et musiciens, sont en effet hébergés dans des locaux aux loyers défiant toute concurrence. Un sérieux coup de main pour lancer son entreprise : difficile de nos jours de travailler en marge du gros business du disque, lequel, bien que mal en point, fait toujours la pluie et le beau temps dans les médias.

Paris Habitat, l’un des bailleurs sociaux de la capitale, loue aux entreprises sélectionnées par le Mila ses locaux commerciaux à des prix trois fois inférieurs à ceux du marché. Les baux sont limités dans le temps (entre un an et 23 mois, sauf dérogation) : pour les labels, l’association est un tremplin, une mise en condition professionnelle indispensable pour voler ensuite de ses propres ailes. « Sans le Mila, souligne Aude Merlet, la plupart des producteurs qui occupent nos bureaux et boutiques devraient travailler chez eux, sans pouvoir suivre la carrière des artistes dans de bonnes conditions. » La réussite de ce projet, unique dans Paris, inspire plusieurs villes de province.

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Certaines boutiques sont en mauvais état. Paris habitat, le bailleur, tarde à effectuer des travaux souvent indispensables.

Le Mila permet aussi aux artistes de se produire sur scène. « Tous les labels ont participé au moins une fois au Festival des attitudes indépendantes, organisé en collaboration avec les Trois Baudets et le Centre Barbara, dans la Goutte d’Or, » explique Aude Merlet. La quatrième édition de cette manifestation, qui a lieu actuellement, aurait même dû rapprocher le travail du Mila de la population du 18e arrondissement. En effet, un bal devait être organisé, samedi 26 septembre 2009, dans la mairie. Il devait être suivi, le lendemain, de plusieurs concerts organisés rue André Messager. « Or, pour des raisons financières, regrette Aude Merlet, le projet n’a pu voir le jour. Ces spectacles ont été annulés. »

Informations complémentaires sur milaparis.com
Le programme du Festival des Attitudes Indépendantes en cliquant ici

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