lundi 24 avril 2017| 16 riverains
 

Le festival Barbès l'Africaine rend hommage au swing éthiopien

Le swing éthiopien est à l’honneur du festival Barbès l’Africaine, vendredi 21 mai 2010, au centre Barbara Goutte d’Or : Mahmoud Ahmed et Alèmayèhu Eshèté, héros musicaux d’une période révolue, font étape dans le 18e arrondissement de Paris, pour une soirée gorgée de rythmes implacables et de mélodies singulières.

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Mahmoud Ahmed dans les jardins d’Eole, en 2007.

Mahmoud Ahmed et Alèmayèhu Eshèté sur scène, c’est davantage qu’un concert : c’est une véritable page d’histoire musicale. À 70 ans, le crooner et le rocker éthiopiens perpétuent une tradition unique, celle de grands orchestres cuivrés aux rythmes endiablés. Pays paradoxal et méconnu, miné par la dictature, les guerres, les famines et les idées reçues, l’Ethiopie a toujours caché son jeu. Qui sait vraiment qu’au début des années soixante, ce grand pays d’Afrique de l’Est se la jouait frime et swing ?

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Mahmoud Ahmed.

Accompagnée par des formations musicales traditionnelles (celles de la Police, de l’Armée et de la Garde impériale), une génération de chanteuses et de chanteurs audacieux écumait alors théâtres et soirées des grands hôtels d’Addis Abeba. Leurs déhanchements frénétiques rappelaient ceux de James Brown. Ces talentueux musiciens étaient capables de métamorphoser un orchestre militaire en redoutable machine à danser. Le modèle était américain. Mais le répertoire était original. Essentiellement chanté en amharique, la langue des hauts plateaux abyssins. C’était le temps du Swinging Addis, en référence au Swinging London de la même époque.

En 1974, une dictature stalinienne mit fin aux festivités. L’empereur Hailé Sélassié fut renversé. Au terme d’une vingtaine d’années de couvre-feu et de répression féroces, les Éthiopiens avaient oublié leurs années folles. Seuls témoins, trois dizaines de 33 tours et quelques cinq cents 45 tours moisissaient au fond des caves de la capitale. Un Français, Francis Falceto, a déterré ces trésors et reconstitué le fil de cette histoire musicale. Obstiné, il a d’abord réédité sur CD la plupart des œuvres cuivrées gravées sur d’antiques galettes de vinyles.

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Alèmayèhu Eshèté.

Puis, il a convaincu quelques héros de l’époque encore debout, de remonter sur scène afin de renouer avec ce glorieux passé. Au fil de tournées mondiales et de salles combles, Mahmoud Ahmed et Alèmayèhu Eshèté perpétuent donc, poussés par une énergie communicative, cette tradition d’un funk gorgé de somptueuses mélodies et portées par un groove implacable et singulier. L’étape qu’ils consacrent au festival Barbès l’Africaine est à ne pas manquer.

Les disques de Mahmoud Ahmed et Alèmayèhu Eshèté sont réédités chez Buda Musique, dans la collection Ethiopiques.

Centre musical Barbara Goutte d’Or.
Vendredi 21 mai 2010, 20h.
Entrée 10/13 euros.

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