lundi 26 juin 2017| 25 riverains
 

L'innovation musicale numérique version Paris Mix

Paris Mix a été inaugurée en grandes pompes à la fin du mois de juin 2010, par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, accompagné de Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement de Paris. Les politiques se déplaçant rarement aussi nombreux pour rien, nous avons voulu savoir ce qui méritait tant d’attention. Explications des enjeux avec Leïla Gregson, la coordinatrice, et visite guidée des lieux.

"Premier cluster musical de France", "grappe d’entreprises", voilà comment est décrite l’association Paris Mix, installée depuis le mois d’avril 2010 au 144/146 rue des poissonniers, dans une ancienne gare SNCF. Il faut reconnaître que, de prime abord, les qualificatifs ne sont pas vraiment parlants. « C’est parce qu’on ne s’adresse pas au grand public, mais avant tout aux professionnels locaux du monde de la musique, et particulièrement aux acteurs des musiques du monde », explique Leïla Gregson, la coordinatrice. Par acteurs, il faut comprendre, labels, producteurs, salles de spectacle ou encore médias, et par acteurs locaux, le centre Fleury Goutte d’Or - Barbara, le Mila (Marché indépendant des labels) à quelques encablures de là, ou la Bellevilloise, dans le 20e arrondissement, qui sont trois des 40 adhérents de l’association. Et elle souligne : « Nous nous adressons exclusivement aux professionnels de la musique installés à Paris, ou en Île-de-France. »

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Paris Mix est située le long des voies SNCF, entre la porte de Clignancourt et celle de la Chapelle.

Voilà pour la cible. Passons à la naissance de Paris Mix, en 2008, à l’initiative de Mondomix, média spécialisé dans la promotion des musiques du monde. Marc Benaïche, directeur de la publication, a porté à bout de bras la création de l’association. Hébergée depuis sa création dans le 10e arrondissement, Paris Mix a déménagé début avril dans le 18e, d’une part pour se rapprocher de Mondomix, présent depuis 2009 sur le site, rue des Poissonniers, d’autre part pour la présence dans l’arrondissement de nombreux acteurs. « La musique du monde trouve ses origines à Paris, née du brassage culturel. Et c’est exactement ça, le 18e, souligne Leïla Gregson. Et le lieu correspondait à nos besoins. »

Musique et numérique
L’objectif maintenant. Paris Mix n’est pas une pépinière d’entreprises, mais une grappe d’entreprises. « Ce n’est pas la même chose, insiste la coordinatrice. L’association n’héberge aucune entreprise dans ses locaux, mais met à leur disposition des outils. » Outils pour aider les professionnels du secteur de la musique du monde à se servir de la puissance d’internet pour se développer. « Les professionnels de la musique sont nombreux à croire que le web, c’est le règne du tout gratuit, et que ça ne rapporte pas d’argent. C’est faux. Ça peut aussi être créateur d’emploi, comme pour nous. »

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La mix box, où les producteurs peuvent organiser des showcase pour leurs groupes.

Deux outils pour ça : d’une part la mix box : 100 m2 d’espace de tournage, tout équipé, et de montage, pour permettre aux artistes de gagner en visibilité à moindre coût. « Les artistes ont la possibilité de se produire sur Internet, en streaming, par exemple, ou d’organiser des "showcases". » D’autre part, Paris Mix dispose d’une yellow box, une salle qui doit son nom à la couleur de son sol - jaune - pouvant être louée à des producteurs et labels pour organiser des conférences de presse ou des réunions.

Le tout à des prix « attractifs », précise la coordinatrice. Pour en profiter, il suffit de répondre aux critères et d’adhérer à l’association, en payant 100 euros l’inscription unique. La Ville de Paris étant un des financeurs, avec la Région Ile-de-France et le Ministère de l’aménagement du territoire, on peut comprendre l’intérêt des élus locaux pour le projet. Des partenariats privés existent également, mais la coordinatrice insiste sur l’indépendance progressive de Paris Mix : « L’objectif est de monter en puissance et de prendre notre indépendance vis-a-vis des différentes subventions. On recherche notre modèle économique, nous aussi. Face au développement du numérique et au désengagement de l’État dans le domaine culturel, Paris Mix n’est pas la réponse magique, mais peut être une des réponses. »

Emploi local

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La yellow box, salle de réunion pouvant être louée à des producteurs et labels, pour organiser des conférences de presse ou des réunions.

Deuxième aspect de Paris Mix : favoriser l’emploi. En créant l’association, Mondomix a également monté un groupement d’employeurs qui a permis d’embaucher un webmaster en CDI. Son travail est ensuite fractionné entre plusieurs adhérents de l’association - 8 en l’occurrence - qui ne pourraient pas financer un webmaster à temps complet.

« D’autre part, poursuit la responsable, devrait voir le jour au printemps 2011, un chantier d’insertion, en partenariat avec Réseau 2000, association d’insertion spécialisée dans l’audiovisuel. On espère ainsi pouvoir recruter, en stage, une vingtaine de jeunes de l’arrondissement - mais aussi du 19e et du 20e - et les former au cadrage, au filmage et au montage. »

En septembre 2010, Paris Mix,devrait reprendre l’organisation d’ateliers-débats, dont le premier serait consacré à la carte musique. Cette carte, voulue par Nicolas Sarkozy, financée à 50 % par l’État, doit inciter les jeunes de moins de 25 ans à télécharger légalement de la musique. Le lancement, prévu pour le 21 juin 2010, jour de la fête de la musique, a été reporté et pourrait se faire à la rentrée de septembre. Le temps pour Paris Mix et les deux salariés de l’association - et bientôt trois - de prendre leurs marques et de monter doucement en puissance.

Paris Mix
144/146 rue des Poissonniers
75018 Paris
01 71 19 91 15
info@parismix.fr

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