mardi 28 mars 2017| 25 riverains
 

Le Prix Wepler - La Poste décerné lundi 12 novembre

Le Prix Wepler-Fondation La Poste sera décerné lundi 12 novembre 2012, à la célèbre brasserie éponyme située place de Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris. Douze auteurs sont en compétition pour la 15e édition de ce prix littéraire. Histoire et revue d’effectif.

Clôturant avec l’Interallié la saison des prix littéraires, le Prix Wepler-Fondation La Poste sera décerné lundi 12 novembre 2012, à partir de 19h30, lors d’un cocktail, à la célèbre brasserie éponyme de la place de Clichy. À la différence des Goncourt, Renaudot, Femina et consorts qui enfièvrent chaque année à l’automne la petite aristocratique république des Lettres, il distingue depuis 15 ans, dans une relative discrétion, voire dans une presque indifférence de la grande presse, un roman qui « explore sans limite aucune les territoires de la création (…) en prenant le risque d’une langue neuve ».

Pour cette édition, douze auteurs ont été retenus dont la notoriété demeure confinée à des cercles restreints, hormis quatre d’entre eux : Jeanne Cordelier (« Escalier F », Phébus), Leslie Kaplan (« Millefeuille », P.O.L), Oscar Coop-Phane, et Emmanuelle Pireyre. Ces deux derniers ont obtenu respectivement, l’un, le prix Café de Flore pour son premier roman publié, « Zénith Hôtel » (Finitude), « une galerie de portraits attachants, sincères, de petites gens aux prises avec un monde trop grand pour eux », l’autre, le Médicis pour « Féérie générale » (L’olivier), « un pastiche éblouissant des discours – savants, publicitaires, sociologiques – dont elle détourne les clichés ».

Un prix doté de 10 000 €

Agée de 68 ans, Jeanne Cordelier avait connu en 1976 un grand succès avec son premier roman à teneur autobiographique, « La Dérobade », qui racontait le monde de la prostitution. Porté à l’écran trois ans plus tard, il avait dans le premier rôle Miou Miou. D’un an l’aînée de Jeanne Cordelier, Leslie Kaplan, naquit à New York dans une famille américaine venue vivre à Paris alors qu’elle n’était encore qu’un bébé. Elle a été un personnage de la période post-mai 68. Elle s’était fait connaître du grand public en 1982 avec son livre « L’Excès-usine » dans lequel elle narrait son expérience « d’établie ». Pour les plus jeunes, il convient de préciser que « l’établi » était un jeune issu de la bourgeoisie, militant maoïste, qui se faisait embaucher en usine pour rejoindre la prolétariat « dans sa lutte visant au renversement du capitalisme ».

Le Prix Wepler-Fondation La Poste est doté de 10 000 euros, une somme substantielle pour des auteurs dont les tirages restent en général confidentiels. Il est en outre assorti d’une Mention spéciale, dotée de 3 000 euros (un montant loin d’être négligeable quand on connaît les us et coutumes de l’édition), qui vient récompenser un ouvrage « qui se distingue par son caractère inclassable ». En tout, depuis sa création, 27 écrivains ont été récompensés. Ils ont connu des destins divers. Certains s’étant fait un nom comme, par exemple, Eric Chevillard, lauréat pour « Le vaillant petit tailleur » (Minuit), aujourd’hui chroniqueur au Monde littéraire notamment, ou Yves Pagès pour « Le théoriste » (Verticales). D’autres ont carrément disparu.

Une détenue membre du jury

Aucun éditeur ne domine le palmarès. Les éditions de Minuit primées trois fois arrivent logiquement en tête vu la prédilection de cet éditeur pour la littérature expérimentale ; avec deux distinctions viennent ensuite Verticales, Denoël et le Seuil. Les autres, Fayard, POL, Actes sud, Christian Bourgois, et Gallimard, qui obtint le premier prix attribué en 1998 avec « Je n’ai pas de château », de Florence Delaporte, ont été récompensés qu’une seule fois. Cela tient probablement à la composition du jury qui est régulièrement renouvelé et ne comprend aucun mentor, cacique ou notable des Lettres. Il se compose cette année de deux journalistes, trois libraires, deux traducteurs, deux lecteurs de maisons d’édition, d’une représentante de la Poste, et d’une détenue à la maison d’arrêt de Rennes, Jessica Davies.

Le Prix Wepler-Fondation La Poste a été fondé à l’initiative de Marie Rose Guanierie, la grande prêtresse de la Librairie des Abbesses au caractère, dit-on, bien trempé, qui a fait de son antre le rendez-vous de tous les amateurs d’une littérature exigeante, bien que celui-ci soit géographiquement localisé hors du triangle sacré des Lettres hexagonales qui se situe entre Saint-Germain-des-Près, le Boulevard Saint-Michel et Montparnasse. Par rapport à celui-ci, la place de Clichy, la rue Lepic et les Abbesses, c’est le grand Septentrion.

Un prix à l’esprit décalé

Fréquentée à la grande époque de Montmartre par Céline, Prévert, Max Jacob, Verlaine, puis plus tard par Henry Miller (l’auteur de prédilection des soixante-huitards dans les années 70) Vian, le chouchou des lycéens des années 60, et de tant d’autres, la brasserie Wepler ne pouvait qu’être associée à ce prix à l’esprit décalé. N’est-ce pas à sa terrasse que commence le « Voyage au bout de la nuit » ? « …. On se rencontre donc place Clichy (….) Mais voilà-t-y pas que juste devant le café où nous étions attablés un régiment se met à passer (…) et me voici parti à m’engager…. » (dixit Bardamu, personnage principal du fameux roman).

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