lundi 25 septembre 2017| 167 riverains
 

Le poète Bernard Dimey et les couleurs de Montmartre

Du côté du métro Lamarck Caulaincourt, l’un des lieux que « le fantôme de Dimey continue à fréquenter avec assiduité ». Dessin © Claire Dupoizat

Soif de Montmartre , recueil de poèmes du Montmartrois Bernard Dimey, mis en couleurs par Claire Dupoizat et publié par les éditions La Belle Gabrielle, a été présenté samedi 30 novembre 2013 au Cyrano, un petit bar de la place Clichy. Rencontre.

Le petit café de la place Clichy, le Cyrano, dont les fresques murales rendent hommage au héros universellement connu d’Edmond Rostand, mitoyen du théâtre l’Européen rue Biot (17e arrondissement), où fut précisément créée la pièce éponyme à la fin du XIXème siècle, a fait samedi 30 novembre 2913, salle comble, à l’occasion de la présentation du beau livre Soif de Montmartre. C’est un recueil de poèmes de Bernard Dimey, illustré par Claire Dupoizat et édité par La Belle Gabrielle qui ne publie que des ouvrages consacrés à la Butte et à Pigalle.

L’événement était organisé par l’association culturelle, Made in Clichy. Ce succès aurait très certainement ravi l’intéressé, lui, le tonitruant, le truculent, le corpulent, le joufflu, le chevelu, le barbu, le ventru, le ronchon pilier de bar, le bordélique buveur, chantre des bistrots du bas Montmartre, notamment du Lux Bar, rue Lepic, lui qui voyait dans les patrons des rades les seules vraies « assistantes sociales ». Comme quoi «  L’ogre », ainsi qu’il avait été surnommé, rugit encore.

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Bernard Dimey. Dessin © Claire Dupoizat.

Né en 1931, décédé le 1er juillet 1991, juste 15 jours avant son 60ème anniversaire, Dimey était arrivé à Montmartre, rue Germain Pilon exactement, quand à 25 ans il s’installa à Paris. Depuis, il ne quitta plus le quartier dans lequel il trouvait son inspiration. Comme l’a dit Claire Dupoizat, qui vit désormais un concubinage intellectuel avec lui, « Dimey n’est pas le poète de Montmartre, il est le poète des gens de Montmartre ».

Acteur, peintre, scénariste, surtout franc picoleur, bouffeur de mots, avaleur d’images, Dimey a été l’auteur d’innombrables chansons pour Aznavour, Reggiani, Ferré, Marchand, voire même pour Iggy Pop. Tous les grands noms des années 60 à 90 de la variété française ont eu dans leur répertoire au moins un titre de lui. Sa plus belle et célèbre chanson est Mémère, plus dite que chantée par Michel Simon. Syracuse, Mon truc en plume, sont entre bien d’autres quelques uns de ses succès.

Brune, à l’étrange regard empreint d’une diffuse mélancolie que soudain fait briller une pointe de malice quand elle prend la parole, un regard qui donne l’impression de voir quelque chose que nous ne voyons pas, un sourire entre tristesse et gaîté, Claire Dupoizat, a découvert Dimey par hasard, lorsque elle-même est venue habiter un atelier rue Germain Pilon.

Cette découverte a été, a-t-elle expliqué, une révélation. L’été dernier, elle a hanté les lieux du 18e arrondissement que le fantôme de Dimey continue à fréquenter avec assiduité croquant avec empathie ce qu’elle voyait. « C’est ainsi que Montmartre m’est apparu comme un village international, a-t-elle raconté. J’ ai aussi vérifié que Dimey est toujours très actuel et très présent. » Mais, elle ne s’est pas contentée de « l’illustrer ». Ses aquarelles donnent un autre souffle aux poèmes.

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Claire Dupoizat, l’auteure du livre, a découvert Dimey par hasard, lorsque elle-même est venue habiter un atelier rue Germain Pilon.

La présentation de Soif de Montmartre a été agrémentée d’intermèdes musicaux et de textes dits de Dimey animés par le garde-champêtre de Montmartre, Bernard Beaufrère, « plus champêtre que garde », dont l’accent parigot est une espèce en voie disparition qu’il conviendrait d’inscrire au patrimoine de Panam.

Avant ce livre, Claire Dupoizat a signé chez la même éditrice I love Montmartre, une promenade à la fois amoureuse et ironique. Bien que désormais solidement ancrée dans ce quartier, témoin d’un Paris qui résiste à son époque, Claire Dupoizat, n’est pas une casanière. Elle fait partie du collectif Carnettistes tribulants avec lequel elle a cosigné Gratte-ciel et soupe de nouilles, un beau-livre sur la Chine contemporaine. Née à Genève, elle a vécu une partie de son enfance au Gabon et au Cameroun. Pour ses carnets de voyages sur l’Italie, d’Egypte, elle a obtenu en 2000 le premier prix décerné par la revue Grands reportages au festival de Clermont-Ferrand.

Soif de Montmartre
Éditions La Belle Gabrielle
148 pages - 23 €

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