lundi 1er mai 2017| 13 riverains
 

Le jardin d'Alice, squat et lieu artistique, haut lieu du Festival Fou

Dans le cadre du Festival FOU, Le jardin d’Alice a ouvert discrètement ses portes samedi, le temps de spectacle d’art de rue, de concert et d’exposition. Situé rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris, le jardin d’Alice est un immense squat qui défend un projet artistique et sa légitimité, à défaut de sa légalité.

La 4e édition du Festival FOU, le festival des ouvertures utiles, a débuté vendredi 20 novembre 2009 et s’achèvera dimanche 29 novembre. Cette manifestation intersquat propose différents évènements culturels alternatifs dans les squats parisiens. Et samedi 21 novembre, derrière la porte du 40 de la rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement, le jardin d’Alice accueillait plusieurs artistes dans l’immense jardin de 800 m2. Un rendez-vous qui permet « de démystifier le squat, » précise Sara, une des cinq occupantes du lieux.

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Le grand jardin d’Alice : 800 m2 de verdure au cœur du 18e.

Entouré de murs et d’immeubles ni trop bas, pour offrir un peu d’intimité, ni trop hauts, pour laisser passer les rayons du soleil, l’endroit est un véritable cocon, d’ordinaire loin de l’agitation urbaine. Pourtant, samedi matin, il y régnait une excitation inhabituelle, peu avant 11 heures. D’un côté les organisateurs qui installaient la buvette et les bancs et, de l’autre, le public qui commençait à arriver et à s’installer sur ces mêmes bancs, en plein milieu de l’immense jardin. 11h30, le spectacle commence, place à l’Être Ange et le professeur Fouthèse.

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L’Être étrange et le professeur Fouthèse.

Comment décrire ce spectacle ? Pas évident, puisqu’il ne rentre clairement dans aucune catégorie, et c’est voulu. C’est une forme de théâtre, y’a de l’humour, des paroles, de la musique… et c’est un peu barré et non-conforme, il faut le reconnaître. « On a créé ce spectacle pour réveiller les parisiens, » précisent Luc et Sylvain, les deux artistes qui composent le duo. Les deux bretons n’en sont pas à leur coup d’essai. Cet été, ils ont sillonné le Sud et ont participé… « non, je vous coupe on a participé, mais on s’est surtout beaucoup incrusté dans tous les festivals d’art de la rue. Bouffer à tous les râteliers, c’est notre devise ». Voilà pour les précisions. Pour leur deuxième participation au FOU, Luc et Sylvain sont ravis. D’autant plus qu’ils sont accueillis par Le jardin d’Alice et s’y sentent « comme à la maison. On reviendra ! »

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Médéric, Sara et Michel, trois des cinq squatteurs du jardin d’Alice.

Ils ont ensuite laissé la place à Palinka, un groupe de jazz manouche, sous l’écoute attentive d’une trentaine de personnes. Parmi elles, Michelle, qui habite à côté, porte de Montmartre. « Quel âge j’ai déjà ?, demande-t-elle à l’assemblée. Ah oui, 66 ans. » Michelle est une habituée des lieux : « C’est pas du tout institutionnel et bon enfant, c’est ce qui me plaît. On est pas obligé de mettre son masque, » déclare-t-elle, ravie. « Un squat c’est aussi un lieu qui rend service, qui est sympa. Et qui est propre ! Ça peut trouver sa place dans le paysage culturel parisien, » prévient Sara. Enfin, entre musique et théâtre, l’artiste Wilfried Histi exposait ses photo-peintes.

Le jardin d’Alice a d’autres projets en cours – la création d’un petit marché de Noël en décembre par exemple -, mais aura-t-elle le temps de les réaliser ? Officiellement, Le jardin d’Alice est une association. Officiellement toujours, c’est un squat qui occupe sans autorisation un terrain. Elle a été assignée en référé pour « occupation sans droit ni titre » devant le tribunal d’instance début 2010.

Le site Internet du Festival F.O.U.

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