lundi 20 novembre 2017| 38 riverains
 

Lucie Ouvrard peint une vision décalée de l'humanité

Lucie Ouvrard, jeune artiste peintre du 18e arrondissement de Paris, raconte de drôles d’histoires de femmes et d’hommes, au fil de tableaux peuplés de personnages étranges et mélancoliques. Elle expose actuellement son travail au bar La Timbale, dans son quartier. Portrait-diaporama.

Lucie Ouvrard peint de drôles de petits bonhommes avec des clous plantés dans la tête. D’autres ont la bouche cousue. Celui-ci tient dans sa main une aiguille reliée à une bobine de fil : il s’apprête à recoudre son crâne fendu. Dans un autre tableau, un groupe de femmes, longues robes sombres et mi-bas rayés rouges et blancs, semble attendre. Un pauvre sourire au bord des lèvres. Lucie Ouvrard porte sur l’humanité un regard singulier, mais pas désespéré. « Mes personnages sont tristes, mais ce n’est pas grave, glisse-t-elle. La mélancolie est passagère. »

L’humanité, Lucie Ouvrard l’a aussi côtoyée au fil de voyages au long cours qui ont rythmé son enfance. « Nous nous entassions, mes parents, mes deux sœurs et moi, dans le camping car et direction l’étranger, raconte la jeune femme. Dès l’âge de 16 ans, j’ai rallié seule l’Afrique de l’Ouest en stop. Puis, les pays de l’Est de l’Europe. L’Inde, aussi. Mes voyages, plusieurs mois, souvent, n’avaient pas de buts précis. » Elle affirme ne pas avoir puisé l’inspiration sur les chemins poussiéreux des contrées lointaines. « Ces voyages me nourrissent, moi, en priorité. Ma peinture, c’est autre chose. » C’est pourtant loin de la France qu’elle a peaufiné l’un des aspects de sa technique de travail : le dessin sur les pages des quotidiens locaux.

JPEG - 41.9 ko
« Mes personnages sont tristes, mais ce n’est pas grave, dit Lucie Ouvrard. La mélancolie est passagère. »

Ses toiles associent en effet les collages de vieux journaux et l’aquarelle, qu’elle étale sur ses toiles avec les doigts. Lucie n’a pas suivi de formation artistique. Le maniement des pinceaux n’est pas son truc. « J’ai toujours peint de cette manière, raconte-t-elle. Au feeling. Je travaille vite, d’une seule traite. Ma peinture est spontanée. » Mère d’un petit garçon, Lucie Ouvrard a transformé son appartement du 18e arrondissement en atelier. Elle vit dans le quartier depuis cinq ans, après avoir quitté Tours, la ville où elle est née, voilà 26 ans. « Le 18e est un endroit harmonieux. J’ai le sentiment d’y être à ma place. »

L’artiste peintre ne revendique pas de modèle artistique ou commercial. Elle montre ses œuvres où bon lui semble, quand l’endroit lui plait. En parallèle à l’exposition de La Timbale, ses tableaux sont accrochés aux murs de plusieurs bars, restaurants et galeries de Nantes. De plus en plus souvent, des amateurs achètent ses tableaux. Voilà encore cinq ans, Lucie Ouvrard n’imaginait pas faire commerce de sa peinture. « Voir partir un de mes tableaux, c’est toujours un déchirement, sourit-elle. Plus ou moins grand, en fonction de ce que je perçois de l’acheteur. »

Exposition Lucie Ouvrard
La Timbale, 2 rue Versigny 75018 Paris

Cliquer sur une image, puis lancer le diaporama.

Portfolio

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:

1 commentaire

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes