mardi 21 novembre 2017| 56 riverains
 

Le Prix Wepler-La poste récompense un livre d'aventure

Sophie Divry et Jean-Hubert Gailliot, récompensés à la brasserie Wepler, lundi 10 novembre 2014.

Jean-Hubert Gailliot et Sophie Divry, respectivement lauréat du Prix Wepler-Fondation La Poste et mention spéciale du jury, ont été distingués, lundi 10 novembre 2014, lors d’une cérémonie à la brasserie Wepler, place de Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris.

À l’issue la veille d’une longue et animée délibération, le prix Wepler-Fondation la poste, considéré dans le milieu littéraire comme « le plus sélect » des prix, a été décerné lundi 10 novembre 2014, à Jean-Hubert Gailliot, pour Le soleil, publié aux éditions de l’Olivier. C’est un roman de 530 pages qui « renoue avec la magie des grands romans d’aventures ».

C’est l’histoire rocambolesque et pleine de rebondissements de la recherche d’un manuscrit, intitulé Le soleil, que des enfants volèrent à Mykonos en 1961. Que cache-t-il pour que le héros Alexandre Varlop veuille le retrouver à tout prix ? D’après une légende remontant à l’époque surréaliste, le manuscrit serait « un absolu littéraire ». D’après les éditions de l’Olivier, une petite maison qui a à peine 20 ans d’existence et qui compte parmi ses auteurs Florence Aubenas, le roman de Jean-Hubert Gailliot « n’a pas d’équivalent dans les lettres françaises ».

À la limite du réel et du fantastique

Agé de 53 ans, beatnik sédentarisé depuis 30 ans à Auch dans le Gers, où il a fondé avec Sylvie Martigny la maison d’édition Tristram, qui a son catalogue deux titres uniques de Patti Smith, Jean-Hubert Gaillot, correspond au profil type du lauréat. Il est l’auteur de six romans, tous dans la même veine, tous chez le même éditeur, à la limite du réel et du fantastique, comme le confirme la simple énumération des titres : Bambi Frankenstein, Trente minutes à Harlem, Hacienda, ou encore Contrebandiers et la vie magnétique, son premier livre.

La mention spéciale, qui récompense un titre qui aurait pu mériter également le prix, a été attribuée à Sophie Divry, pour son troisième roman La condition pavillonnaire, publié aux éditions Noir sur blanc/Notabilia (une petite maison suisse spécialisée dans les littératures nordiques). Le livre nous plonge dans les affres de la vie d’une Emma Bovary contemporaine, qui vit avec son mari et ses enfants dans un pavillon dans cette zone urbaine qui entoure nos villes et qui n’est plus campagne et pas encore cité.

Délibérations du jury tenues secrètes

Native de Montpellier, Sophie Divry, 35 ans, vit à Lyon. C’est une ancienne journaliste à La Décroissance, un mensuel écologiste qui, comme son titre l’indique, prône la fin de la croissance tant vénérée par tous les politiciens.

Le choix entre les deux candidats n’a pas été aisé, selon ce qui a pu filtrer des délibérations du jury. Lesquelles sont, à la différence des autres prix, tenues secrètes. L’organisation du prix se refuse aussi à communiquer le nombre de tours qui ont été nécessaires pour départager les lauréats. Le dîner qui a réuni dimanche le jury dans un salon privé au premier étage de la célèbre brasserie Le Wepler de la place de Clichy, dont le prix porte le nom, autour d’un menu concocté par son chef, aurait été animé et la décision ne serait intervenue qu’un peu avant 23h30, soit après plus de trois heures de débat.

Tremplin pour une carrière littéraire

Les deux lauréats se sont vu remettre chacun un chèque, respectivement de 10 000 et 3 000 euros, dotation de la Fondation de la poste qui œuvre à encourager l’art épistolaire. Ces sommes font du Prix Wepler le mieux doté, avec le Prix Jean Giono, lors d’un cocktail très couru au Wepler qui fait du 18e arrondissement la capitale d’un soir de la République des lettres.

Le prix Wepler-Fondation la Poste a été pour certains auteurs le tremplin qui les a lancés dans la carrière littéraire, comme Antoine Volodine, prix Médicis cette année, Yves Pagès, Eric Chevillard, qui tient le feuilleton littéraire très acerbe du Monde des livres, François Bon, fondateur des éditions en ligne Public.net, et pour d’autres, les doyens, comme Leslie Kaplan et Daniel Cohen, une consécration bien venue.

French cancan, champagne et petits fours
La soirée qui accompagne la remise du Prix Wepler-Fondation la Poste n’a pas dérogée à sa tradition. Pour une soirée littéraire, on y a dansé jusque à une heure du matin, le champagne a coulé généreusement et les petits fours n’ont pas été comptés.

Puis quand l’heure de baisser le rideau de la brasserie Wepler place de Clichy, a sonné, une bonne partie de l’assistance s’est égayée pour prolonger la fête dans les bistrots cernant celle-ci toujours aussi grouillante, notamment le Cyrano, dédié à la gloire d’un des plus célèbres personnages de la littérature française.

500 convives

Pour l’occasion, quelque 800 invitations avaient été lancées et, selon l’organisation du Prix, 500 convives y ont répondu. Parmi eux, le nouveau et l’ancien maire du 18e, Eric Lejoindre et Daniel Vaillant, côtoyant quelques notoriétés du monde l’édition et écrivains connus dont Céline Minard. Son roman-western Faillir être flingué, Prix Inter, figure parmi les meilleures ventes de l’année.

Voisinage du Moulin rouge oblige, une démonstration de French Cancan, danse qui symbolise dans le monde entier la Butte Montmartre, a donné le coup d’envoi de la soirée dont les moments forts ont été croqués « par une jeune et prometteuse dessinatrice », Claire Braud.

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Au fond de l’image, les danseurs de French Cancan étaient chargés de donner à la fête la touche locale.

Après cette séquence qui a donné le ton à l’événement, les trois chevilles ouvrières du Prix, Michel Bessières, patron du Wepler, Marie-Rose Guarniéri, fondatrice du Prix, et Dominique Blanchecotte, président de la Fondation la Poste, ont succédé sur la petite estrade dressée au milieu de la salle du restaurant au French Cancan, chacun pour y aller de ses remerciements aux uns et autres « sans qui se prix… »

Le premier a tenu à rappeler en outre que son établissement s’associe à l’événement pour être fidèle à l’esprit de ce coin de Paris où a vu le jour l’art moderne. La seconde, toujours aussi enthousiaste, a décrété que ce Prix qui clôture la semaine où sont attribués les quatre majeurs prix français (Femina, Médicis, Goncourt et Renaudot) est « un moment de printemps en automne ». La représentante de la Poste a, elle, souligné que le Prix qu’elle dote généreusement est le « Prix de l’innovation et de l’audace ».

Ruée sur le buffet

Avant de révéler les noms des deux lauréats, les douze sélectionnés ont été présentés au public qui les a chaleureusement applaudis, à l’instar de champions sportifs. Le calme revenu, Marie-Rose Guarniéri a proclamé le palmarès en appelant l’assistance « à les faire connaître partout et tout autour d’eux ».

Les deux heureux élus ont pris à leur tour la parole. Jean-Hubert Gailliot a confié qu’il avait mis huit ans à écrire Le soleil, qu’il considère comme « le plus achevé de ses six romans ». Quant à Sophie Divry, elle a tenu à souligner que son livre, La condition pavillonnaire, était « un livre politique », confirmant qu’elle s’inscrit dans la tradition de l’écrivain engagé.

Puis ce fut la ruée vers les buffets disposés tout autour de la salle dont le centre n’allait pas tarder à être investi par les danseurs qui se déhanchèrent jusqu’à ce que le rideau tomba.

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