jeudi 25 mai 2017| 28 riverains
 

Le Prix Wepler - La poste décerné lundi 10 novembre

L’année dernière, le Prix Wepler-Fondation La Poste avait été décerné à Marcel Cohen et Philippe Rahmy. Au centre, Marie-Rose Guarniéri, de la Libraire des Abbesses, fondatrice du prix. Photo © Thierry Steinsept

Le 18e arrondissement de Paris a aussi son prix littéraire : le Prix Wepler-Fondtation La Poste, dont la 17e édition se tiendra lundi 10 novembre 2014, à la brasserie Le Wepler, place de Clichy. Douze écrivains y concourent pour remporter le prix littéraire le mieux doté du circuit d’un point de vue financier.

Le 17e Prix Wepler-Fondation La Poste sera décerné lundi 10 novembre 2014. Soit, comme le veux une tradition désormais bien installée, le deuxième lundi de l’avant-dernier mois de l’année, dans la foulée de la folle semaine qui voit l’attribution en cascade des quatre plus fameuses distinctions littéraires françaises, le Femina, le Médicis, le Goncourt et le Renaudot. Le Prix Wepler-Fondation La Poste précède de quelques jours la remise de l’Interallié (*) qui clôt cette sarabande de gratifications inaugurée le 30 octobre par la remise du Prix de l’Académie française

Le Prix Wepler, nom de la célèbre brasserie de la place de Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris, est destiné à perpétuer « l’aura de la Butte et sa tradition libertaire ». Il récompense « des œuvres difficiles dont la visée n’est pas uniquement commerciale ». Ne sont retenus que des « écrivains qui mettent à l’épreuve la forme romanesque et déchiffrent la langue ». Il est considéré comme le prix d’une littérature difficile, voire expérimentale. Cette année, il s’est placé sous la tutelle de deux grandes figures posthumes des lettres, Marcel Proust et Sainte Beuve, et s’est choisi pour devise, pour ne pas dire éthique : « Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. »

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Fiston Mwanza Mujila défendra son livre Tram 83.

Avec le prix Jean Giono, le Prix Wepler est le prix français le mieux doté grâce à la Fondation de la Poste dont la mission est de revaloriser l’écrit et plus particulièrement l’art épistolaire. Le lauréat reçoit la somme de 10 000 euros, et la mention spéciale 3 000. Douze auteurs, dont trois d’un premier roman, ce qui est rare, ont été sélectionnés à parité parfaite, six femmes et six hommes. Leur moyenne d’âge est 46 ans, de cinq ans inférieure à celle des lauréats qui est de 51 ans.

Premier roman

Le doyen est une femme, Marie-Claire Blais, prix Médicis en 1966 pour un roman intitulé Une saison dans le vie d’Emmanuel, publié au Seuil. Agée de 75 ans, elle vit à Key West, île américaine des Caraïbes, longtemps chère à Ernest Hemingway, avant qu’il n’émigre à Cuba. Elle a été retenue pour son Aux jardins des Acacias, toujours chez le même éditeur. C’est l’histoire de la rencontre d’une artiste de cabaret, Petites Cendres, et d’un enfant, Angel, attient du sida, avec pour décor le bord de mer de la Floride. Sa thématique semble refléter la tonalité assez sombre qui imprègne la plupart des ouvrages en lice malgré la diversité de leur inspiration.

Le cadet, Fiston Mwanza Mujila, 33 ans. est né en République démocratique du Congo (ex-Zaïre). Poète, auteur de nouvelles et de théâtre, c’est son premier roman. Intitulé Tram 83, chez Métaillé, il a tout pour plaire au jury. La fiche de présentation dit que « éminemment poétique et nerveux, Tram 83 est une incroyable plongée dans la langue et l’énergie d’un pays réinventé, un raz-de-marée halluciné et drôle où chaque phrase cogne à une féroce envie de vivre. »

En revanche, un auteur semble d’emblée écarté des récompenses finales, Eric Vuillard, dont l’âge correspond juste à la moyenne des sélectionnés. Son Tristesse de la terre – une histoire de Buffalo Bill Cody, publié chez Actes Sud, qui révèle le véritable visage de ce conquérant du Far West, a obtenu le prix du Parisien, parrainé par la star de la télé et de la radio, Laurent Ruquier, qui n’est qu’à sa seconde édition. Il est rare qu’un jury récompense un auteur déjà lauréat d’un autre prix.

Les neuf autres sélectionnés sont :

Chez les hommes, Thierry Beinstingel, 56 ans, pour Faux nègres, Fayard, une histoire d’un village où un parti d’extrême-droite réalise son meilleur score ; Jean-Hubert Gaillot, 53 ans, pour Le soleil, L’Olivier, qui raconte la recherche d’un manuscrit volé sur le mode du récit d’aventure ; Mathias Menegaz, 46 ans, pour Karpathia, également un premier roman, qui a pour cadre l’Autriche du XIXème avec « ses injustices, ses vieilles haines (…) les légendes malléables et les rêves nouveaux ». ; Sylvain Prudhomme, pour Les grands, l’Arbalète/Gallimard, qui relate la vie d’un guitariste d’un groupe fameux réduit à vivre d’expédients.

Chez les femmes, Sophie Divry, 35 ans, pour La condition pavillonnaire, chez Noir sur blanc/Notabilia, qui raconte le destin d’une Emma Bovary dans ce décor qui n’est ni ville, ni campagne ; Elisabeth Filhol, pour Bois II, chez POL, où elle relate une séquestration de patron en 2009 : Hedwige Jeanmart, 46 ans pour Blanès, Gallimard, autre premier roman, histoire de la chute d’une femme au fond d’un gouffre dans lequel elle se débat pour survivre ; Luba Jurgenson, 56 ans, pour Au lieu du péril, Verdier, histoire relative au conflit qu’éprouvent la plupart des êtres qui sont bilingues ; et, pour finir, Cécile Wajsbrot, 60 ans, pour Totale éclipse, Christian Bourgois, récit « d’une rencontre imprévue qui replonge l’héroïne dans les affres de l’amour », ce qui la conduit à réfléchir sur l’art.

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Sophie Divry présentera son livre La condition pavillonnaire.

La singularité du Prix Wepler est que son jury de 13 membres est tournant et compte pas ou peu de professionnels des lettres. Cette année, on recense cinq lecteurs ou lectrices, dont l’une, Davira Fard, est détenue à la prison des femmes de Rennes. On compte aussi trois libraires, parmi lesquelles Marie-Rose Guarniéri, de la Libraire des Abbesses, rue Eugène Le Tac dans le 18e arrondissement, fondatrice et âme du prix, au caractère bien trempé, un critique, Hugo Pradelle, de la Quinzaine littéraire, un acteur metteur en scène, Gabriel Dufay, deux producteurs radio, Rodolphe Bruneau-Boulmier, France-musique, et Louise Tourret, France culture. En fait aussi partie Elisabeth Sanchez, représentant la Fondation de la Poste et secrétaire générale du prix.

Un buffet très prisé

La remise du prix est suivie d’un buffet très prisé qui constitue l’événement mondain de l’année de l’arrondissement. On y croise des figures connues de la République des lettres et quelques personnalités politiques de l’arrondissement. Sans oublier toute une faune, qui s’ébroue habituellement dans le triangle de l’édition constitué longtemps par les boulevards Saint-Michel, Saint-Germain et Montparnasse, bravant les premiers frimas de l’automne, fait la queue devant le Wepler dès 19 heures, seul jour de l’année où la brasserie ferme ses portes à sa clientèle cosmopolite et d’habitués.

(*) – Au 1er novembre 2014, la date de remise du Interallié n’était toujours pas connue. Le Femina sera remis le 3 novembre, le Médicis le 4, le Goncourt et le Renaudot, le 5.

Lire aussi : Mondanités littéraires place de Clichy

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