lundi 23 octobre 2017| 17 riverains
 

La cité des artistes, ou la campagne à Paris

À Montmartre, la Cité des artistes comporte 34 ateliers. Photo : © Géraldine Andrieu.

La Cité des artistes de la rue Norvins, dans le 18e arrondissement de Paris, est un lieu magique qui a inspiré de nombreux peintres comme Toulouse-Lautrec, Renoir, Utrillo ou Modigliani. La photographe Laura Henno ouvre les portes d’un endroit unique au cœur de la Butte Montmartre. Reportage et interview.

À deux pas du Sacre Cœur, au 24 rue Norvins dans le 18e arrondissement, les milliers de touristes qui passent dans le quartier n’imaginent pas frôler un endroit si magique. Caché dans un petit parc sauvage, au cœur de Montmartre, la Cité des artistes est un haut lieu culturel et artistique parisien. Des maisons charmantes, des petites ruelles pavées, des escaliers qui grimpent dans tous les sens, une végétation spontanée : c’est vraiment la campagne à Paris.

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Cité des artistes : la campagne à Paris Photo : © Géraldine Andrieu

Ce lieu étonnant est administré par la Cité Internationale des Arts, fondation reconnue d’utilité publique par décret du 14 septembre 1957. Elle loue ces bâtiments à la Ville de Paris depuis 1962. L’objectif initial de la fondation était de réunir les ressources nécessaires pour la construction et la gestion d’un ensemble d’ateliers d’artistes dans la capitale.

La Cité Internationale des Arts gère désormais 337 ateliers dans Paris (dont les 34 de la rue Norvins), la plus forte proposition d’hébergement d’artistes au monde. 15 000 artistes venus du monde entier ont étés accueillis par la fondation, en presque 50 ans. Les séjours sont limités à un an maximum. Et le prix des loyers est bien en-dessous du prix du marché. Les candidats doivent faire une demande écrite. Une commission se réunit plusieurs fois par an pour l’attributions des ateliers-logements.

Lilloise, Laura Henno, 35 ans, lauréate en 2007 du Prix Découverte des Rencontres Internationales de Photographie d’Arles, habite dans la cité des artistes depuis janvier 2011. Elle s’est portée candidate en septembre 2010. Elle devait vivre à Paris, car elle expose ses photos dans plusieurs galeries de la capitale, où habitent la plupart de ses contacts professionnels.

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Laura Henno : lauréate en 2007 du Prix Découverte à Arles
Photo : © Géraldine Andrieu

Quel est votre rapport avec cet endroit et avec les artistes qui y habitent ?
Je respire un air particulièrement convivial ici, ce lieu est une immense source d’inspiration pour les résidents.

C’est un lieu très calme, comment est-ce possible au cœur de Montmartre ?
Nous avons signé une charte des résidents qui règle la vie dans le village. Nous sommes là pour travailler. La tranquillité est fondamentale pour oublier le bruit et le flux perpétuel de touristes dans le quartier. Le respect des autres est une priorité ici. Mais, cela ne nous empêche pas de faire la fête de temps en temps.

Quel intérêt pour vous de vivre dans la Cité des artistes ?
Je ne pourrais pas me permettre de louer un atelier aux conditions du marché privé. Exemple, je paye 545 euros par mois, charges comprises, pour un atelier-appartement de 45 M2. Sans subventions ou aides publiques un grand nombre d’artistes ne pourrait pas travailler.

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Un immeuble d’ateliers de 45 m2 en duplex
Photo : © Géraldine Andrieu

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?
La thématique de l’émigration des adolescents en Europe. Je viens de commencer les premières prises de vue. Cela risque de m’occuper à plein temps pendant quelques années. Je bosse aussi sur la promotion de mon livre Summer Crossing, le résumé d’un travail photographique de dix ans.

Quel est l’avenir de la Cité des artistes ?
Il y a souvent des rumeurs de fermeture. On voit parfois des ateliers vides, sans perspective d’accueillir de nouveaux occupants. Cela nous préoccupe.

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

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1 commentaire
  • l’endroit a toujours un côté de nostalgie pour moi qui y ai vécue jusqu’a mes 14 ans (1958) je ne manque jamais mon pt pélerinage au 24 rue norvins quand je suis de passage a Paris . (jai encore qls q photos d’époque) notre appartement était au 1er étage du batiment du fond .pas de confort a l’époque léclairage était au gaz enguise d’ampoule électrique c’était des manchons et les toiléttes sur le palier ou dehors. mais que de souvenirs, que de parties dans les jardins jusqu’au fond rue de l’abrevoir ou il y avait une école d’infirmiéres (ce qui ma value ma vocation) nostalgie quand tu nous tiens les larmes ne sont pas loin ! comme dit Dave j’irai bien refaire un tour du côté de.....(chez nous) .

    Abientôt pour un passage a Paris en ce mois d’aout 2012

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